#6 Marie-Pierre, maintenir le français malgré la distance
Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir Marie-Pierre pour un témoignage original et sans aucun doute très intéressant. Marie-Pierre, c’est une mamie qui habite à Andorre. Elle va nous parler de son petit-fils qui habite à Malte avec son papa, le fils de Marie-Pierre, et sa maman qui vient des Philippines. Bonjour Marie-Pierre ! Est-ce que tu peux te présenter ?
Bonjour! Oui, bien sûr ! Je m’appelle Marie-Pierre. Je suis née à Perpignan. Je suis donc catalane et j’ai 60 ans bientôt. Je suis mamie depuis un an seulement, j’ai longtemps attendu ce grade de mamie que j’ai enfin obtenu.
J’ai travaillé pendant 33 ans à Bourges, dans le centre de la France. Ça c’est important aussi pour la culture française justement. Donc j’ai un petit peu une double culture, catalane et berichonne.
J’ai deux fils, un fils qui est prof de FLE à Djerba en Tunisie, et un autre fils qui s’est installé à Malte. Ce qui est important c’est que mes deux fils ont tous les deux leurs racines bien ancrées, aussi bien dans le Berry que dans le pays catalan et dans les Pyrénées-Orientales.
J’ai été pendant 33 ans professeure de communication dans un lycée agricole à Bourges, donc agricole, là aussi on sent les racines et l’importance du terroir et de la terre, du territoire. Ça ce sont des choses qui me parlent vraiment.
Et après toutes ces années, j’ai décidé d’arrêter l’enseignement agricole et je me suis mise en disponibilité, puisque je suis fonctionnaire, et je suis actuellement prof de FLE. Je me suis formée dans le FLE, c’est quelque chose qui m’intéressait énormément, et c’est ce que je fais depuis deux années maintenant.
J’ai eu beaucoup d’élèves, j’ai commencé avec des migrants suite à la guerre en Ukraine, avec des élèves ukrainiens, et aujourd’hui j’ai des élèves du monde entier et c’est vraiment très agréable.
Je vis en Andorre qui est un petit pays, c’est une principauté indépendante, qui ne fait pas partie de l’Union Européenne, et dont la langue officielle est le catalan.
Mon domaine de compétence, en fait, ce sont les langues, les langues étrangères, la langue française, l’anglais, l’allemand, l’espagnol, le catalan, tout ça, c’est vraiment mon univers. Et l’Andorre me permet de pouvoir pratiquer toutes ces langues, et mon métier de prof de FLE aujourd’hui aussi, donc ça c’est vraiment ce qui fait partie de moi, de mon identité.
Pour aller vers le sujet qui nous intéresse aujourd’hui, comme je vous ai dit, j’ai deux fils, un qui est à Malte, un qui est à Djerba qui est avec une Française. Et mon autre fils, donc, qui vit à Malte est marié avec une jeune femme qui est originaire des Philippines. Cette jeune femme chilavique, qui est ma belle-fille, ne parle pas français, et elle est évidemment mon élève la plus assidue pour mes cours de FLE en Zoom.
Je l’ai chaque semaine, plusieurs fois, le maximum, et je donne bien sûr des cours de français à ma belle-fille.
Et donc aujourd’hui tu vas nous parler de ton petit-fils.
Donc, il y a un peu plus d’un an, j’ai eu la chance d’être enfin mamie. J’attendais ce moment depuis longtemps. J’ai quand même bientôt 60 ans, donc j’ai l’âge d’être une grand-mère.
J’ai décidé que Lazare m’appellerait Mamie-Pierre, qui est un petit condensé de mon prénom. Marie-Pierre, Mamie-Pierre, j’ai trouvé ça super mignon. Donc, il y a très longtemps que j’avais envie d’être Mamie-Pierre.
Et enfin, ça y est, je suis Mamie-Pierre. Alors, pour ce qui est de Lazare, je le vois en cours de FLE avec sa maman. Depuis le premier jour, depuis qu’il est né, il assiste à tous nos cours de FLE.
Il est là, il assiste. Il sait quand on a le cours, on prend le livre. Il prend son livre aussi, lui.
Depuis tout petit, il prend son livre. Parce que, comme ça, il associe. Mamie-Pierre, c’est les livres et c’est les cours.
Donc là, j’ai peur qu’il m’associe que à ça. Je ne voudrais pas quand même. Mais en tout cas, il y a déjà l’association qui est claire.
Quand il me voit, il sait qu’on va travailler. Il sait qu’il y a un livre et qu’on va faire quelque chose, qu’on va étudier. Et lui, il le fait aussi.
Il a un an, donc il est vraiment petit. Sa mère est effectivement sa maman extrêmement assidue, très bonne élève.
On a l’anglais en commun, donc c’est notre langue pour communiquer. Mais elle est extrêmement assidue en français. Mon fils, donc son mari, lui parle aussi un peu français quand même.
Même si c’est difficile à Malte, puisque personne ne parle français. Très peu, dans la rue, le français n’est pas très pratiqué.
Il faut vraiment être avec des expats français. Ce qui n’est pas leur cas, ils ne fréquentent pas beaucoup d’expats français. Ils fréquentent des locaux et des Philippins.
Par contre, la communauté philippinelle est extrêmement importante. Donc, voilà, je suis le professeur de français pour maman et bébé. Alors, pour bébé, ce que j’ai fait, comme j’avais fait pour son papa, il y a 35 ans, je l’ai évidemment abonné à Picotti.
Les classiques. C’est ma pédagogie. Voilà, c’est ma façon d’enseigner. Les classiques, ça fonctionne extrêmement bien avec les étrangers. Ce qui ne fonctionnait pas avec les français, avec mes élèves français, fonctionne très bien avec les étrangers.
Par exemple, je suis, évidemment, les saisons, la saisonnalité. Là, très récemment, c’était la chandeleur. Je trouve une vidéo sur carambolage. On voit la chandeleur, la petite vidéo. Et dans la vidéo, on voit un moment, si on arrive à faire sauter la crêpe, je ne sais pas combien de fois, on peut convoler en juste noces.
Alors là, convoler en juste noces, les étrangers, qu’est-ce que c’est que ça ? Moi, j’en profite, on va travailler, convoler en juste noces. Et alors là, arrivent les noces. Et là, alors, magnifique, quand on tombe sur les noces de Cana, et le tableau de Véronèse, et le musée du Louvre. Et ça, avec les étrangers, on y arrive.
On tombe là-dessus. Alors, pour un prof de FLE, c’est le bonheur. C’est vraiment le bonheur. Parce que là, on part de la chandeleur, et on est au musée du Louvre. Ça, voilà, c’est ça. Mon enseignement, il est là.
Je ne sais pas si vous pouvez comprendre ce que je veux que vous signifiez, mais c’est extrêmement important d’acquérir la culture française partout. Partout, partout, partout. En faisant sauter des crêpes, on se retrouve au musée du Louvre.
Alors la gastronomie, c’est très important. On parle énormément de ça avec mes élèves étrangers, avec ma belle-fille, avec Lazare, comme son papa. D’ailleurs, son papa m’a toujours dit je voudrais que tu fasses avec Lazare comme tu as fait avec nous.
Donc, c’est ce que j’essaye de faire. Bon, après, je ne le vois pas autant que je le voudrais, mais je le vois en vidéo quand même très régulièrement. C’est plusieurs fois par semaine. Déjà pour le cours, et puis on parle beaucoup. Alors, on parle avec les gestes aussi. On fait beaucoup de gestes, évidemment. Ainsi font, font, font les petites marionnettes, et tourne, tourne, petit moulin, frappe, frappe, petite main. Là, on est en plein là-dedans. Ah, voilà, il a compris direct.
Là, il n’y a aucun souci pour ça. Donc, voilà, la culture française, elle passe, pour moi, par les classiques. Là, on a résumé. Alors, c’est Tintin, c’est Astérix, ça, c’est Picotti. Les films aussi. Beaucoup de films avec sa maman. Et voilà, c’est ça. Pour moi, c’est… Et les chansons. Les comptines, les chansons. Il n’était pas né, déjà, on faisait une chanson douce que me chantait ma maman, Henri Salvador. Voilà, c’est les chansons tout le temps. Beaucoup, beaucoup de chansons. Voilà. Vraiment, dès le plus jeune âge, vraiment baignée de sa culture française.
Alors, attention à la culture française. Ma culture française, peut-être, c’est très vieux jeu, mais je suis une mamie. Par exemple, aussi, je lui ai acheté une assiette que j’ai trouvée dans un château, une assiette en plastique, pour qu’il mange. Dans cette assiette, il y a écrit je ne me lève pas de table avant d’avoir terminé mon repas.
Vous voyez ? Et ça, c’est la culture vraiment française. Et à la maison, c’était comme ça. Et Pierre, mon fils, me dit maman, je voudrais que ça soit pareil. Quand Lazare est chez toi, il faut qu’il sache que chez mamie, on demande pour se lever de table. On doit dire est-ce que je peux sortir de table ? Et j’ai dit mais ne t’inquiète pas, c’est sûr qu’il va me demander. Ça fait partie, vraiment, pour moi, de la culture française.
Et les enfants étrangers, j’ai beaucoup d’amis étrangers, notamment des enfants hollandais. Et les enfants hollandais, la seule chose qu’il sait dire en français, c’est est-ce que je peux sortir de table ? Parce qu’il sait que chez moi, on demande. Pour moi, ça, c’est la culture française. Après, c’est la mienne.
Chacun a sa propre culture, c’est vrai. Ça, c’est bien de le souligner. C’est qu’il y a une culture française générale et chacun l’adapte à sa façon, en fonction, de ses origines, de sa culture, de sa région.
Voilà. Même intra-régionale, il y a de très bonnes différences. Tout à fait.
Alors, la culture, pour moi, je l’entends au sens sociologique, la culture est l’ensemble des manières de penser et d’agir, propre à un groupe, une société. Le groupe peut être la famille, la culture de la famille. Mais je l’associe quand même à la culture de la France et notamment du Berry.
Le Berry, c’est quand même la France. C’est le Berceau, c’est les Châteaux de la Loire, c’est Chambord, c’est Chenonceau, c’est ça le Berry aussi. Enfin, on n’est pas vraiment dans le Berry quand on est sur les Châteaux de la Loire, mais on est très proches.
C’est les cathédrales, c’est Orléans, c’est Bourges, c’est Chartres. Voilà, c’est quand même une culture vraiment française profonde qu’on n’a pas en Catalogne. C’est autre chose.
La culture des Pyrénées-Orientales ou d’Andorre, c’est autre chose. Très sympa aussi, mais je voudrais et je souhaite que comme mes deux fils, mon petit-fils ait quand même la culture de la France profonde qui m’a beaucoup séduite quand je suis arrivée dans le Berry. Lorsque j’avais 25 ans, j’ai vraiment été séduite par cette façon, par cette culture française.
Les jeunes d’aujourd’hui, ils sont loin de ça. Mes élèves, quand j’étais en lycée, me disaient « Oh, mais madame, on ne mange plus à table maintenant. On mange dans le salon, on mange une pizza devant la télé. » Pourtant, pour moi, c’est important de mettre le couvert aussi. Ma belle-fille, elle sait ça. Elle sait déjà, je lui ai déjà appris comment on dispose les couverts, les verres.
Ton petit-fils, il apprend le français par son papa, le philippin par sa maman et l’anglais parce qu’ils parlent anglais en famille ?
Entre eux, oui. Et le maltais, du coup, parce qu’il est à Malte et il est à la crèche.
À Malte, ce qui est super, c’est le système de crèche. Les crèches, qu’elles soient privées au public, sont gratuites. Si les deux parents travaillent et peuvent prouver qu’ils cotisent pour l’État, pour tout ce qui est sécurité sociale, etc.
Les deux parents ayant un contrat de travail, Lazare bénéficie des prestations de la crèche tout près de chez lui. Mais bien sûr, c’est une crèche maltaise donc, c’est en maltais. Bon, après, quand on dit maltais, c’est une crèche maltaise, oui. Mais les employés, il y a des employés philippines, par exemple. Et même à Malte, on ne demande pas aux employés de parler maltais.
Très peu de personnes parlent maltais. Seulement les maltais. Mais alors, pour en revenir au maltais, nous, avec mon fils, on en a beaucoup parlé. Et mon fils, je suis tout à fait d’accord avec lui. La langue maltaise est extrêmement intéressante. Donc, pour nous, ce n’est pas un problème qu’il puisse bénéficier, justement, de l’apprentissage de la langue maltaise, qui est une langue extrêmement originale, une langue sémite avec un alphabet latin.
C’est vraiment une langue rare. Et c’est une richesse, si Lazare peut parler cette langue, c’est très bien. Bon, après, le tagalog aussi qui est la langue des Philippines, la langue de sa maman, là aussi, je pense, c’est une richesse. Ça fait un sacré mélange. Mais en effet, connaître des langues si différentes les unes des autres. Alors, ce ne sont pas forcément des langues monnayables comme peuvent l’être le chinois, l’arabe, le russe, l’allemand.
Mais ce sont des langues riches culturellement. Intellectuellement et culturellement riches, même si ce n’est pas ces langues-là qui vont l’aider dans sa vie professionnelle future.
Mais, pour sa culture, c’est extrêmement intéressant. Je pense. Le catalan, pareil, c’est une très belle langue mais qui n’a pas une valeur. Mais ce n’est pas ça l’idée. Là, l’idée, on n’en est pas là. Il a un an, on n’en est pas déjà. Sa vie professionnelle. Il a le temps. Là, c’est vraiment sa richesse, sa culture, tous les apports culturels, vraiment.
Est-ce que tu sais, à Malte, s’il y a des structures pour soutenir les enfants francophones qui grandissent avec le français comme langue maternelle ?
Bien sûr, notamment l’Alliance française. Il va y aller d’ici quelques mois, vers 18 mois, un an, peut-être à la rentrée prochaine, on va dire en septembre. Alors là, l’Alliance française, ce n’est pas une école mais il y a quand même des enseignements pendant quelques heures par semaine. A raison, peut-être deux, trois heures par semaine, il va pouvoir aller faire des ateliers, des activités et puis plus tard, après, des cours.
Non, ce n’est pas pour ça qu’il va y aller, c’est pour rencontrer d’autres petits francophones et puis parler en français bien sûr. Après, j’ai vu qu’il y avait aussi à Malte une école française qui a ouvert, mais je ne sais pas, c’est l’AFLEC. En fait les lycées français à l’étranger sont régis soit par l’AEFE soit par l’AFLEC. L’AFLEC, c’est un petit peu comme l’AEFE mais c’est libanais. C’est un petit peu des concurrents de l’AEFE qui est français.
Et à Malte, c’est l’AFLEC. Alors, je suis un petit peu plus réticente avec ça et notamment aussi les tarifs, je vois bien puisque j’ai mon fils qui est prof dans le lycée français à l’étranger, je vois bien les tarifs pratiqués qui me paraissent quand même extrêmement élevés.
Si on se trouve au Sénégal comme a été mon fils ou dans des pays ou au Paraguay ou… là je veux bien, ok, ça vaut le coup d’investir dans un lycée français mais à Malte, je ne pense pas parce que l’enseignement dispensé par les écoles maltaises me semble, pour ce que j’en ai vu, tout à fait correct. Le niveau scolaire à Malte, en tout cas chez les petits, il est aussi bien que le niveau scolaire chez nous, en France.
Bon, on ne s’est pas encore complètement penchés mais un petit peu quand même puisque c’est quand même… Moi je suis prof, ma mère est prof, ma sœur est prof, mon fils est prof, c’est un petit peu la mafia, voilà.
Après, à Malte, il y a les écoles anglaises qui sont encore plus chères et encore mieux. Là, quand même, il y a la tradition anglaise, les Anglais ne sont pas très loin, l’indépendance n’est pas si vieille, donc il y a quand même la puissance des écoles anglaises et là, c’est encore plus cher, encore mieux.
Après l’AFLEC, peut-être que ça va être bien, mais il faut qu’ils fassent leur preuve, ils ont à peine commencé, ça fait un an, l’école, le lycée français et des tarifs extrêmement élevés. Pour un enfant de 3 ans, 4 ans, 5 ans, moi, je veux bien lui payer quand il aura 20 ans un HEC, payer des écoles à 10, 15 000 euros quand il entrera à l’enseignement supérieur mais en maternelle, on verra mais je ne pense pas qu’on fera ça.
Est-ce que tu aurais des conseils pour les grands-parents ou de manière générale les familles qui ne sont pas au contact régulier avec ces enfants francophones pour transmettre la langue, permettre justement d’avoir un contact avec le français, avec la culture.
Oui, écoute, je vais dire des banalités, lui parler un maximum. Il y a tellement de moyens aujourd’hui entre WhatsApp, Zoom. Moi j’ai un Zoom illimité pour mon travail donc je suis tout le temps avec cette plateforme. Après aller le voir quand on peut.
Moi, je vais le voir le plus souvent possible. Il vient aussi, je vais le chercher, il vient, il est déjà venu plusieurs fois chez nous en France et en Espagne. Enfin il vient un maximum et lui parler, lui parler, depuis tout petit, depuis qu’il est né. Nous on fait le cours, il suit le cours, il est là, même, bien sûr, s’il ne comprend pas.
Il entend. Il est présent et il sait que ça dure une heure et que pendant une heure, ben, on va travailler avec un livre, il comprend le livre, là, oui, les livres, ça fait vraiment partie de son univers. Lui chanter des chansons, les comptines.
Alors, pour moi, c’est le classique, mais peut-être qu’il y a d’autres solutions qui sont aussi bien et ce que font les jeunes parents aujourd’hui, ça doit être aussi très bien. Je fais ce que je connais.
J’amène ma culture, ma version et je le teste avec tous mes élèves, et je vois que ça fonctionne parce que j’ai des élèves de 14 ans, 15 ans, mon élève la plus âgée a 82 ans, c’est une dame allemande de 82 ans et ça fonctionne, avec les étrangers ça fonctionne très bien. Ils aiment, ils sont très demandeurs de la culture française mais tout, et tous est prétexte à appréhender, à aborder la culture, c’est énorme. C’est infini, on n’aura jamais terminé. Il y a des idées à profusion pour les cours, chaque, c’est infini.
Je ne doute pas que les cours de FLE avec toi doivent être hyper intéressants.
Oh merci, mais moi j’adore, c’est ma passion, vraiment.
Et alors, oui, c’est mon plaisir, j’ai des amis ils vont faire de la couture ou de la peinture, moi mon plaisir je vais faire des dictées ou je vais sur Voltaire, j’adore, j’ai un compte, je paye tous les ans un abonnement pour pouvoir faire des exercices Voltaire.
Et c’est merveilleux. J’en ai fait d’ailleurs il n’y a pas plus tard que la semaine dernière avec ma maman qui a 80 ans qui est une instit en retraite mais c’est génial, là on est sur même longueur d’onde. Mon fils le prof de FLE est pareil. Et quand des fois je n’y arrive pas, je dis là je n’y arrive pas, qu’est-ce que je peux faire ? Il fait des fautes, j’ai un élève, ça ne marche pas. Moi il me dit écoute, essaye de dicter des mots, tu verras ça marche, des mots invariables, essaye ça.
On s’apporte beaucoup de choses avec mon fils ou ma mère, les trois générations. Alors pour l’instant quand même, Lazare ne parle pas, on attend qu’il parle. Qu’est-ce qu’il va choisir ? Pour l’instant il n’a pas choisi, il a choisi de se taire. Alors c’est ni anglais, ni philippin, ni français, ni maltais. Mais bon ça va venir.
Et je pense que pour lui, parce que j’ai vu d’autres enfants comme ça, de différentes langues maternelles, en fait je pense que pour lui il y a une seule langue avec différentes manières de nommer les mêmes objets et de nommer les choses avec. Il n’a pas la conscience de différentes langues, il a juste la conscience mamie elle dit comme ça, maman elle dit comme ça, papa il dit comme ça, voilà. Mais c’est pas rangé bien sûr dans des langues, dans des familles de langues, dans des groupes.
C’est tout mélangé, voilà, beaucoup de mots pour nommer les mêmes choses. Oui, ça vient après.
Merci à Marie-Pierre pour son témoignages et ses nombreuses idées pour maintenir le français! N’hésitez pas à lui laisser un mot en commentaire!
A bientôt pour un nouvel épisode!


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