Anthony (Finlande) : les papas s’investissent aussi dans l’éducation bilingue de leurs enfants
Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir enfin un papa. C’est une demande qui est régulièrement revenue sur le podcast.
Donc j’accueille Anthony qui nous vient de Finlande et qui veut connaître peut-être par son compte Instagram un daron en Finlande. Il est donc papa de trois petits franco-finlandais. Bonjour Anthony et bonne année ! Est-ce que tu peux te présenter pour commencer ?
Bonjour, bonne année ! Alors, je m’appelle Anthony, j’ai 36 ans, je suis papa de trois enfants, donc de Roméo 7 ans, Isabelle 5 ans et Laetitia 2 ans. Je suis en Finlande depuis 2011, on a fait une petite parenthèse en France pour le travail, mais on est revenu en Finlande en 2019. Donc j’ai vécu une paternité en France et deux autres paternités en Finlande.
Quelles sont les différences entre la France et la Finlande au niveau paternité, maternité, manière générale ?
Déjà, en Finlande, il y a un équilibre vie de travail et vie de famille qui est beaucoup plus respecté, je trouve. Rien que pour les journées de travail.
Donc ici, quand on part à 15h, 15h30, personne ne va vous regarder avec des yeux étranges en disant « Bon, tu as pris ton après-midi ? » Donc les petites blagues de bureau, on va dire. Ici, c’est complètement normal. Si votre fils est malade, si votre enfant est malade et que vous devez aller le chercher à l’école, que ce soit à 11h à midi, il n’y a pas de problème, tout le monde y va.
Le plus important, c’est que le travail soit fait. Donc il n’y a pas cette culture du présentiel. Et c’est vrai que ça a beaucoup changé dans ma façon de voir la parentalité.
Et c’est une des raisons pour lesquelles on a décidé de déménager en Finlande à nouveau.
Et tu as partagé il y a quelque temps sur ton compte aussi les différences avec l’école. Je crois qu’il y a eu pas mal de différences notables entre l’école en France et en Finlande.
Exactement. C’est des petites choses qui m’ont marqué. En fait, on a profité de la journée portes ouvertes.
Pendant une matinée, c’était un samedi matin, il y avait école. Et ils ont invité toutes les familles, que ce soit les parents, les petites sœurs, les grands-frères. Donc toute la famille était invitée.
Donc on y a été avec ma femme et les deux petites sœurs de Roméo. Déjà, il faut savoir que l’école obligatoire en Finlande commence à 7 ans. Donc avant ça, il y a deux années de pré-école qui sont non obligatoires.
Et avant ça, c’est la crèche complètement. Donc le fait que ça commence à 7 ans, et qu’ils se basent beaucoup sur le jeu, sur l’apprentissage, sur l’éveil, avant les 7 ans. Donc c’est vraiment intéressant.
Et l’enfant a le temps de bien grandir, d’être bien éveillé. Et tout passe par la phase de jeu et de découverte, en fait. Et donc là, on a été voir son école.
C’est vrai que ça m’a surpris, le coup des chaussures. C’est beaucoup revenu sur les commentaires. On dirait qu’il y a certaines écoles qui le font, il y a certaines écoles qui ne le font pas.
Mais c’est vrai que déposer ses chaussures à l’entrée, et d’être dans une salle de classe avec un peu de moquette, en chaussettes. Il n’y a pas de poussière, il n’y a pas de cailloux, de choses comme ça. C’est vrai que ça a un côté relaxant.
Ça nous permet un peu de coucouning à la maison. Donc c’est vrai que pour la concentration, je trouve ça très bien. Ça fait chaleureux, on va dire.
Donc j’aime beaucoup. Apparemment, ça se fait de plus en plus en France. Mais les enfants tutoient les professeurs.
Ils appellent par les prénoms. Moi, j’étais resté sur la phase vous et maître et maîtresse. Donc c’est vrai que ça m’a un peu surpris.
Ma femme aussi, qui est finlandaise, était surprise qu’ils appellent par le prénom. Le tutoiement, c’est assez commun en Finlande. Mais appeler les maîtres et les maîtresses par leur prénom, ça l’a un peu surprise aussi.
Et oui, quelques différences. Les pauses toutes les 45 minutes. Donc ici, ils pensent que les enfants ne peuvent pas être concentrés sur des périodes trop longues.
Donc c’est vrai qu’ils font beaucoup de pauses. Donc ça permet à l’enfant un peu de sortir. Ils sont très souvent dehors.
Même s’il pleut. Là, on verra. Quand il y aura de la neige et moins 20 degrés, comment ce sera.
Mais non, c’est vrai qu’ils sont très souvent dehors. On a des équipements. On a tout ce qu’il faut à l’école.
Et le top que j’avais mis dans un autre poste, c’est les fournitures scolaires. Tout est fourni par l’école. Donc il y a juste à ramener une trousse et un sac à dos.
Et le reste est complètement fourni par l’école. Ça, c’est vraiment un point très positif. J’ai vu aussi que certaines municipalités en France le font.
Mais ici, c’est vraiment dans tout le pays. C’est la norme du pays de fournir tous les équipements scolaires. Fourni et financé, exactement.
Il faut savoir que l’école est complètement gratuite en Finlande. Incluant les repas du midi. C’est aussi dans le prix, mais il n’y a pas de prix.
C’est complètement gratuit. La seule chose qu’il faut savoir, c’est que les journées sont très courtes. Donc les enfants finissent vers midi 15, voire 13 heures maximum.
Donc si vous n’avez pas moyen de garder les enfants, il y a une garderie dans l’école pour les deux premières années de l’enfant, donc quand il a 7, 8, 9 ans, qui est payante. Donc l’école est gratuite, oui, mais si vous voulez que l’enfant reste à l’école l’après-midi parce que vous travaillez, il y a une garderie qui est possible et malheureusement qui est payante. Ou alors l’enfant est très autonome et rentre à la maison.
C’est très courant que les enfants rentrent tout seuls depuis l’école en marchant à la maison. On avait discuté, c’est vrai que ça fait beaucoup penser au système allemand. Il y a beaucoup de similitudes avec le système allemand.
Est-ce que tu peux nous raconter le parcours bilingue de tes enfants ?
Alors avec ma femme qui est finlandaise, moi français, on a l’habitude de se parler en anglais. Donc quand notre fils Roméo est né, on a demandé à l’infirmière qui nous a suivis pendant la grossesse et qui nous suit après la grossesse, au niveau de la langue, est-ce qu’on ne devrait se parler qu’en français ? Moi je parle uniquement en français à ma femme également et elle me parle en finnois.
Ou alors est-ce qu’on peut continuer de se parler en anglais ? Ça ne va pas être trop perturbant d’avoir trois langues à la maison. Et elle nous a dit non, non, continue de parler en anglais, il va le comprendre. Et c’est ce qui s’est passé.
Donc mon fils parle le français, le finnois et comprend l’anglais. Donc c’est vraiment top. Ma fille commence à comprendre l’anglais aussi.
Donc forcément, on a dû faire des choix parce que quand on a déménagé en Finlande quand Roméo avait un an, il ne parlait pas encore évidemment. Mais ce que j’ai vraiment voulu faire, c’est être à la maison le plus possible parce que je sais qu’il est dans un environnement en finnois tout le temps. Donc il a moins cette chance d’entendre le français.
Donc c’est pour ça aussi que j’ai changé de travail pour avoir une structure qui me permet le télétravail autant que possible. Car je sais que c’est important, c’est les premières années de l’enfant où il va le plus apprendre, où les cerveaux sont vraiment des éponges. Donc ils vont emmagasiner énormément d’informations.
Et donc voilà, j’ai tout fait pour être en télétravail, pour avoir un rythme de vie où je peux faire des pauses de temps en temps pour l’emmener dehors, pour lui lire des histoires quand ils en ont envie. Je fais les histoires du soir très souvent, c’est très important. Et après, on a plein de petites astuces.
Je ne sais pas si on peut dire des marques, mais des boîtes à histoire qui sont excellentes. Nous, on est très Tony Box. Donc on adore ça.
C’est vrai qu’il les écoute beaucoup. Et des fois, il me sort des mots et des expressions qui me surprennent. Donc voilà, c’est ce qu’on fait.
J’ai de la chance évidemment de pouvoir faire du télétravail, de pouvoir fournir ces informations. Ce côté bilingue à mes enfants. Évidemment, on retourne en France.
Quand on retourne en France, on a la chance de le faire. On y va pour deux à quatre semaines pour qu’ils aient vraiment, qu’ils soient dans un bain de français, qu’ils n’aient pas d’autre choix que de parler français s’ils veulent discuter avec ma mère, avec ma famille. Donc c’est ce qu’on fait.
Et pour information, en Finlande, surtout dans la ville où on est, à Espo, juste à côté d’Elsinki, pour les enfants bilingues, ils organisent des cours gratuits de la deuxième langue de l’enfant. Donc Roméo maintenant a 1h30 de français inclus dans son parcours scolaire fourni par la ville, car il a ces deux langues. Donc il fait partie de l’école finlandaise, mais la ville lui offre 1h30 de français en supplément.
Il y a pas mal de français dans la région. Et donc c’est un cours commun.
Alors je ne sais pas du tout comment le prof s’organise parce que ça va de 7 à 14 ans. C’est large, ouais. Ouais, c’est assez large.
Donc je pense qu’il y a pas mal d’histoires, de lectures, des discussions entre groupes. Donc il faudrait que je vois avec ce professeur comment il organise ça. Mais bon, ça a l’air de… ça l’intéresse.
Il est content. Hier, il a commencé à lire le français, parce que la lecture du finnois et du français, les règles sont complètement différentes. Donc c’est vrai que c’est assez difficile à leur âge encore.
Donc il lit le finnois, et là il commence à lire le français. Donc c’est super intéressant. Ce qui est rigolo en tout cas avec les enfants, c’est que même s’ils vivent en Finlande, qu’ils sont dans une crèche ou dans une école finlandaise, ça se peut qu’un jour ils vont jouer, ils vont se parler en finnois, ils vont se parler en français.
Des fois, ils font un mix des deux langues, comme nous on le fait avec ma femme. Donc c’est vrai qu’ils font ça à leur sauce, et ça se passe très bien. Donc on est heureux.
Tu t’investis beaucoup dans l’éducation, de manière générale, l’éducation francophone de tes enfants. Et c’est un sujet que je voulais aborder avec toi, parce qu’il y a un cliché que moi j’ai régulièrement entendu, et je crois qu’il est toujours actuel, c’est que les papas, déjà de manière générale, ne s’investissent pas vraiment dans l’éducation de leurs enfants.
Et notamment quand il s’agit de transmettre une langue minoritaire à l’enfant, qu’ils ne s’investissent pas non plus, et donc les enfants n’apprennent pas ou n’apprennent pas vraiment cette langue. Alors quel est ton avis sur le sujet en tant que papa ?
Alors en tant que papa, je pense qu’il y a un changement de mentalité quand même. Ici, le changement de mentalité a eu lieu déjà il y a quelques années, donc c’est complètement normal de voir des papas, seuls avec des enfants, s’occuper des couches, du repas, enfin il y a tous ces amalgames-là, ils ont été effacés depuis quelques années déjà.
Je pense que le congé paternité fait en sorte que les papas s’investissent beaucoup plus ici, en tout cas, d’avoir 4-5 mois avec son enfant tout seul. C’est vrai que ça permet de créer beaucoup de liens, d’être avec son enfant, de s’en occuper. Mais je trouve qu’en tout cas, l’image que j’ai en France, c’est que les mentalités des nouveaux parents changent.
On voit beaucoup de postes, que ce soit des comptes de papa, des comptes de maman, qui parlent de l’investissement du papa dans la parentalité. Je pense que maintenant, les mentalités commencent à changer. Ce qu’il faut, c’est changer la mentalité des anciennes générations, et ça, ce n’est pas toujours très facile, et je sais qu’en France, en tout cas, ça n’hésite pas à donner son point de vue, et ça peut être très, très frustrant.
Moi, ça va, j’ai une famille qui est très ouverte. Mais c’est vrai que quand je dis que le changement en Finlande a eu lieu il y a quelques années, par exemple, les parents de ma femme, de temps en temps, peuvent faire des commentaires qui s’apparentent un peu à la mentalité de certains Français. Par exemple, pourquoi c’est ton mari qui change la couche ? Au tout début, c’était des choses comme ça.
Maintenant, c’est rentré dans les moeurs, il n’y a pas de problème, mais c’est vrai que le changement de mentalité a eu lieu il y a un peu plus longtemps en Finlande, et je trouve qu’elle est en train de se passer en France, et c’est une très, très bonne chose, parce que la parentalité, ce n’est pas sexué. Évidemment, il y a l’allaitement, on ne peut rien faire sur ça. C’est difficile, oui.
C’est difficile, mais comme je disais, le lien qu’on peut créer avec l’enfant, on peut changer les couches, on peut chanter pour l’enfant. Même si l’enfant est un bébé et ne parle pas, lisez des livres, ça crée beaucoup de liens. Tenez les mains.
Moi, je m’occupe du coucher des enfants, et c’est toujours des très, très bons moments. Il y a plein, plein, plein de moments où le papa peut s’investir. Je les emmène à l’école très souvent.
Des fois, on va les chercher ensemble. Donc, c’est vrai qu’il y a beaucoup de moyens de s’investir pour le papa, en tout cas.
Et c’est vrai que les avis des uns et des autres parfois peuvent être très, très pesants. Et c’est surtout les avis des anciennes générations. Du coup, c’est les parents, donc forcément, ça nous fait encore un petit peu mal, parce que c’est les parents, on a envie qu’ils nous voient comme on a envie d’être.
Et c’est vrai que ça peut être un peu pesant, mais chaque famille fait exactement comme il le sent. Si le papa aime faire la cuisine, c’est une bonne chose. S’il n’aime pas, il fera autre chose.
Il faut accepter le fait qu’on arrête la différence homme-femme et qu’on est juste parents, et qu’on fait de notre mieux, et que si la mère aime faire certaines choses, le père aime faire d’autres choses, on s’entend, on est une équipe. J’aime bien dire ça, qu’on est une équipe. On a tous le même rôle de parents, mais on peut accepter qu’on fasse autre chose.
Je ne pense pas qu’il y ait des tâches qui sont sexuées. Moi, j’adore le ménage, ça me relaxe. J’adore faire la vaisselle aussi.
Ça me permet d’être dans ma bulle parfois, donc c’est une bonne chose. Je ne pense pas qu’il y ait de tâches hommes-femmes, c’est juste qu’on est parents et on s’occupe des enfants. Voilà, chacun est différent, en effet.
Comment ça se passe concrètement, cette transmission ? Qu’est-ce que tu fais ? Est-ce que tu vois des différences peut-être entre le finnois et le français, voire même l’anglais ?
Oui, déjà, les deux langues sont absolument différentes. C’est vrai que le finnois, quand je l’ai appris, on ne peut se raccrocher à rien du tout. C’est vraiment accepter de ne rien comprendre.
C’est vraiment assez déroutant comme langue. Comme pour eux, le français est déroutant parce qu’au niveau de la lecture, ici, on lit toutes les lettres dans un mot. Si on voit un mot, toutes les lettres doivent être prononcées.
Alors qu’en français, trois lettres peuvent mettre un son. C’est vrai que c’est assez déroutant au niveau de la lecture et de la prononciation. Ce qu’on fait, évidemment, c’est qu’on lit énormément de livres.
C’est hyper important. Ce n’est pas pareil que mettre la télé parce que dans le côté lecture, il y a un côté interactif. Ils peuvent nous couper pour nous poser des questions.
Ils peuvent… On s’arrête, on pose des questions. Tu as vu qu’est-ce qui s’est passé sur cette page ? On veut voir s’ils ont vraiment compris ce qu’on est en train de dire. S’ils ne comprennent pas, on répète d’une autre manière.
Mais c’est vrai qu’on passe beaucoup de temps, que ce soit à faire de la lecture, à faire des jeux ensemble, que ce soit au niveau des sorties. Par exemple, c’est très bête. Je ne le fais pas en France parce que j’ai l’impression d’être un peu particulier, mais en Finlande, je le fais souvent quand je promène le bébé, qui a deux ans maintenant, mais qui n’est plus bébé, quand ils étaient tous bébés.
C’est très possible de voir un parent seul qui discute avec son bébé, même si le bébé ne répond pas, et qui dit juste, regarde, il y a un arbre, regarde, il y a un chien. Oh, il est petit, le chien. Alors que le bébé ne répond pas, et même ne regarde pas, mais c’est juste le fait d’entendre, de parler, parler, parler.
Petit à petit, ça va venir et ça éveille la curiosité de l’enfant quand on écoute. Quand je vais me promener en poussette avec les enfants, je ne mets pas les écouteurs, je ne mets pas la musique, et eux, ils sont dans la poussette. On essaie de créer du lien en ce moment-là, on discute beaucoup.
Et puis, évidemment, il y a les grands-parents, ils ne sont pas capables de parler la deuxième langue. Donc si mes enfants veulent parler avec leurs grands-parents en Finlande, ils sont obligés de parler finnois. Et s’ils veulent parler avec ma mère, mon frère, mes amis, ils sont obligés de parler en français.
Donc il y a cet effort-là qui doit venir de leur part aussi, on ne va pas tout faire pour eux. Après, il y a deux éducations pour les familles bilingues. Par exemple, je connais une famille de franco-finlandais, pareil, le père n’accepte pas que son fils lui parle en finnois.
Dès que son fils lui parle le finnois, il va demander beaucoup de fois comment on dit en français la même phrase. Moi, je suis plus je comprends le finnois, pas de problème. Je réponds en français, limite je répète sa question en français, mais je ne vais pas le forcer parce que dans tous les cas, ils l’apprennent et ça va aller.
Ils le comprennent bien, ils le parlent bien, donc je n’ai pas envie de mettre de pression au niveau de la langue en tout cas.
Donc il faut éviter ce rejet, en effet. Exactement. Il faut que ce soit un plaisir d’apprendre la langue et de continuer à la parler et pas un stress émotionnel.
Après, chacun a sa méthode. Si ça marche, ça a l’air de marcher pour la deuxième famille. Comme d’habitude, c’est chacun sa méthode, chacun fait en fonction de l’enfant.
Alors, dans ta région et dans ton entourage finnois, comment est vu le français ?
Il faut savoir que le français peut être appris à l’école comme langue ici. Très souvent, je peux croiser des Finlandais qui m’ont dit « Ah, j’ai appris le français à l’école, après le fiédois et l’anglais, on peut choisir une autre langue. » Donc, ça peut être l’allemand.
Et pas mal de fois, c’est quand même le français. Donc, les gens sont très intéressés. Il y a pas mal de magasins de décoration qui ont des textes en français.
Il y a cette image de la France, la poésie, l’amour, la romance. Donc, ça reste beaucoup ici. Il y a aussi l’image des grèves et du mécontentement, mais c’est autre chose.
C’est cette préposition qu’on a. Non, mais c’est vrai que quand je dis « je suis français », il y a très souvent quelqu’un qui me fait « Ah, bonjour, je m’appelle. » Après, ça part en baguette. Mais bon, ça reste très sympa et les gens sont très ouverts d’esprit.
Tu dis juste « français », ça éveille la curiosité des gens. Et en plus, ce que j’aime beaucoup ici, c’est que les gens sont quand même très, très curieux. Donc, quand je dis que je suis français, ils posent énormément de questions sur la France et ils veulent savoir aussi le ressenti des français qui vivent en Finlande.
Est-ce qu’on aime bien être là ? Est-ce qu’on se sent bien ? Donc, c’est vrai que c’est important pour eux de savoir l’inverse aussi, comment eux voient la France, mais ils veulent savoir comment les français voient la Finlande aussi. Est-ce qu’ils se sentent bien ? Est-ce qu’ils aiment y vivre ? C’est important pour eux aussi. Tu nous en as parlé tout à l’heure, il y a des cours de français qui sont offerts aux petits francophones ou même, j’imagine, les autres langues secondaires.
Est-ce que, dans ta région, il y a d’autres actions locales qui sont mises en place pour soutenir ces enfants ?
Alors, il y a des français qui font des cours particuliers pour les enfants, qui font des cours pour les enfants de 3 à 6 ans ou de 6 à 9 ans, ça dépend des groupes qui organisent ça. On a des groupes WhatsApp de parents francophones à Espoo, de parents francophones à Helsinki. Donc, des fois, on peut s’écrire un message « On va au parc aujourd’hui, qui veut nous rejoindre ? » Voilà, ça permet aux enfants de se voir, de se parler en français, d’avoir un cadre purement français.
Sinon, à part les groupes WhatsApp et les cours de français, je ne vois pas d’autres actions, honnêtement. Après, je ne suis peut-être pas non plus hyper calé sur ce domaine-là. Je suis un peu antisocial, parfois.
Je ne suis peut-être pas hyper calé, mais en tout cas, c’est ce qui me vient en tête, ce sont les groupes WhatsApp, surtout.
N’hésitez pas à me contacter. Ensuite, il y a un groupe Facebook « Les Français en Finlande », je crois. Pour le moment, vous pouvez poster.
Il y a pas mal de gens qui postent, que ce soit pour des demandes sur des vacances, que ce soit pour la recherche de travail, que ce soit pour la vie en Finlande. N’hésitez pas à regarder sur Facebook aussi. Ça me fait penser juste à deux ou trois familles, dont une qui m’avait contacté il y a quelques années sur Instagram pour me parler de vaccination des chiens si ils déménagent en Finlande ou comment ça se passe aussi.
On a discuté et au final, le lendemain de leur arrivée, on s’est rencontrés. Depuis, nos fils s’invitent à leur anniversaire respectif. Ça crée de belles amitiés, donc c’est rigolant.
C’est comme ça que ça commence en effet. De toute façon, je précise, je mettrai en description du podcast le lien vers ton Instagram. Comme ça, les gens pourront te trouver directement s’ils ont des questions à poser.
Est-ce que tu aurais des conseils pour les parents et peut-être aussi les papas ?
C’est compliqué parce que moi, du coup, je suis en télétravail donc je n’ai pas cette problématique-là. Vraiment, je ne sais pas comment font les gens qui ont des longues journées de travail. C’est hyper compliqué, mais c’est vrai qu’il faut passer du temps avec les enfants.
Il n’y a pas 36 choses à faire. C’est vraiment l’interaction. Je trouve que c’est le meilleur apprentissage de la langue pour un enfant.
S’il n’y a pas d’interaction, il n’y a pas ce côté question et parfois ça reste sans réponse dans la tête de l’enfant. Vraiment, je sais quand on sort d’une longue journée de travail, on a juste envie de rentrer, de se poser, mais c’est l’interaction qui fait qu’on va pouvoir apprendre mieux la langue. Honnêtement, le premier boulot que j’ai fait en revenant en Finlande, quand notre fils avait déjà un an, j’allais au bureau une fois par semaine et j’étais à la maison quatre fois dans la semaine.
Je peux vous dire que le jour le plus relaxant, c’était le moment où j’allais au bureau. Vraiment, je sais qu’on est hyper fatigué de la journée de travail, mais vraiment, des journées à la maison avec des enfants, c’est crevant et les gens, les parents, les mères et certains pères qui sont à la maison avec leurs enfants, honnêtement, tout seuls, je leur tire mon chapeau parce que c’est fatiguant à la fin de la journée. Ça demande beaucoup d’énergie.
Quand j’allais au bureau, après j’ai un métier avec des ordinateurs, donc ça va. Je n’ai pas un métier physique. Mais quand on va au bureau et que c’est calme et qu’on peut se concentrer sur une tâche, honnêtement, c’est royal.
Donc ouais, c’est fatigant d’être au boulot, je me doute. Surtout si c’est des métiers très physiques, on a envie de rentrer et de se poser. Malheureusement, pour l’apprentissage de la langue, c’est surtout l’interaction avec l’enfant qui aide énormément, je trouve.
Est-ce que tu as une ou plusieurs anecdotes du bilinguisme de tes enfants ?
C’est une bonne question. Je sais que… Après, c’est vrai qu’on a toujours passé par la période où ils font des mix de mots dans les deux langues, donc du coup, pour l’interlocuteur, que ce soit ma mère en France ou les parents des mafards en finnois, il y a toujours un moment où ils te disent « Attends, qu’est-ce que tu m’as dit ? Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris, là.
Est-ce que tu peux répéter le mot ? » Et du coup, ils répètent en français. Non, je n’ai pas de… Malheureusement, je n’ai pas d’anecdotes sur eux. Alors moi, quand j’ai appris le finnois, j’en ai plein, mais malheureusement, ce n’est pas les… Tu peux aussi nous les dire, ça peut peut-être ressortir chez les enfants qui arrivent plus grands, on va dire, en Finlande.
Ah oui, non, non, c’est… Faites attention, déjà, Google Traduction, il ne va pas vous l’aider beaucoup. Donc, pour info, une fois, je voulais faire à manger, mais je voulais de la chapelure, et il m’a traduit par un mot qui est « murusia ». Et donc, j’ai été au magasin demander des murusia, parce que je ne savais pas ce que c’était. Et je ne voyais même pas l’aspect que ça avait parce que j’étais nul en cuisine quand je suis arrivé en Finlande.
Et en fait, ils avaient tous l’air très surpris, ils m’ont regardé un peu bizarrement quand j’ai demandé « est-ce que vous avez des murusia dans le magasin ? » Donc, ils m’ont conseillé de prendre des tucs et de les casser. En fait, je suis retourné à la maison, et j’ai fait dans le sens inverse « qu’est-ce que ça veut dire murusia en français ? » En fait, ça voulait dire « miette ». Donc, j’ai été au magasin demander des miettes. Donc, faites attention, quand vous apprenez une langue, c’est pas toujours facile, vous avez des petites surprises comme ça.
Merci à Anthony! N’hésitez pas à lui laisser un mot en commentaire!
A bientôt pour un nouvel épisode!


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