Podcast #7 Céline, le bilinguisme chez un enfant malentendant

Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir Céline, maman française qui vit en Allemagne, pas très loin de chez moi d’ailleurs, et qui a deux jeunes enfants franco-allemands. Bonjour Céline ! Est-ce que tu peux te présenter ?

Bonjour Audrey ! Alors, je m’appelle Céline. J’ai 42 ans, je suis mariée à un Allemand et j’ai deux petits garçons, Félix qui a 5 ans et demi et Basti qui a 3 ans et demi. On habite à 30 kilomètres de Bonn et Cologne, à Much. C’est une petite ville, 14 000 habitants.

Comment se passe la transmission du français ?

Nous, c’est vraiment très naturel en fait. On s’est rencontrés en France avec mon mari et Félix est né en France.

Mon deuxième est né en Allemagne. Donc on est vraiment 100% franco-allemand, deux à être nés en France et deux à être nés en Allemagne. Donc c’était évident, vu qu’ils avaient la double nationalité, qu’ils allaient aussi parler les deux langues, ne serait-ce que pour communiquer avec leur famille.

Parce que quand ils rentrent en France, quand on va dans ma famille, il faut qu’ils puissent parler avec tout le monde. C’est essentiel, ne serait-ce que le côté pratique est important.

Et au quotidien, est-ce que c’est facile ? Est-ce que tu rencontres des difficultés ? Lesquelles, s’il y en a ?

Alors moi, ce que je fais, c’est que je leur parle tout le temps en français.

J’essaye parce que des fois, c’est vrai qu’ils me parlent en allemand et j’ai envie de leur répondre en allemand. Mais j’essaye de me concentrer, de toujours répondre en français. Et mon grand fait bien la distinction.

Si quelqu’un lui parle en français et est Français parce que si c’est un Allemand qui lui parle en français, il va avoir un bug. Mais si quelqu’un lui parle en français, il va répondre en français. Et le plus petit, ça dépend s’il a envie.

Mais j’essaye de toujours rester concentrée et toujours leur parler en français. Et ce qui est bien, c’est que mon mari a vécu 8 ans en France. Donc quand je parle français, tout le monde comprend.

Ça n’exclut pas une personne. Et si mon mari parle en allemand, moi, c’est pareil, il n’y a pas de souci, je comprends tout. On peut parler l’une ou l’autre langue. Ça inclut tout le monde, tout le monde comprend.

Je leur lis des livres en français ou en allemand, selon ce qu’ils veulent qu’on lise. J’achète beaucoup de livres en français. Là ils sont au jardin d’enfants encore. Là il y a une autre maman franco-allemande et il se trouve que nos trois garçons sont ensemble dans le même groupe cette année.

Donc on se croise souvent, on s’invite à la maison. C’est comme une nouvelle famille, un peu. Donc elle parle en français à mes enfants aussi. Moi, je parle en français à ses enfants. Ça aide beaucoup aussi.

Et oui, parce que je suppose que là où tu es, comme c’est à la campagne, il n’y a pas d’autres actions locales qui se font pour permettre à ses enfants de garder un lien avec le français, avec la culture ?

Non, non, il n’y a rien du tout.

Autour de chez nous, vraiment, c’est une petite ville. C’est un grand village presque, on pourrait dire. Le plus proche, c’est Cologne.

Ce serait venir à tes ateliers [des Franco’ Expats] ou des choses comme ça. Ça fait un peu loin. C’est pour ça que je ne suis venue qu’une fois.

Mais non, dans la ville, il n’y a absolument rien du tout qui tourne autour du français.

Oui, c’est compliqué quand on est éloigné des grandes villes où il va y avoir justement plus d’offres. Et encore, il n’y en a pas dans toutes les grandes villes. C’est compliqué en effet au quotidien de pouvoir tout supporter sur ses épaules dans cette transmission du français.

Oui, c’est ça. En fait, là, tout repose sur moi. Surtout avant, on habitait dans vraiment un tout petit village, même pas 2000 habitants, dans le nord du Baden-Württemberg. Et là, j’étais vraiment toute seule. Je ne connaissais personne d’autre de francophone. Puis, c’était le Covid. J’étais vraiment isolée.

Maintenant, on est dans une ville un petit peu plus grande. Et puis, j’ai la chance d’avoir rencontré cette maman qui parle aussi français. Mais il y a énormément de choses qui reposent sur mes épaules, sur mon envie de leur transmettre ma langue et ma culture.

Donc comme je disais, je leur lis des livres. La musique, j’essaye, mais je vois que ça ne leur plaît pas trop. Ils préfèrent écouter les chansons pour enfants en allemand.

Oui, c’est vraiment une question de motivation des parents. Chez vous, au kindergarten, dans la ville, dans peut-être ta belle famille, comment est vu ce bilinguisme ? Est-ce que c’est soutenu ? Est-ce qu’au contraire, c’est moins bien vu ?

Non, c’est tout à fait soutenu. Au départ, on habitait dans le sud de la France. Et ma belle-mère parle un petit peu français. Elle adorait venir et puis dire les quelques mots de français qu’elle connaissait.

J’ai l’impression qu’en Allemagne, le bilinguisme est mieux vu qu’en France. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais c’est vraiment un atout. Dès que je dis que je suis Française, que mes enfants apprennent le français, on me dit « c’est génial, ils ont de la chance pour plus tard. Ils auront des facilités pour même apprendre l’anglais. » J’ai l’impression que les gens trouvent ça vraiment super, au jardin d’enfants aussi.

Donc, il y a ces trois petits franco-allemands qui comprennent deux langues. Une fois, une éducatrice qui n’a pas mes enfants, elle est dans un autre groupe. Je leur disais « mets tes chaussures, mets ton manteau, il faut qu’on se dépêche, il faut qu’on rentre à la maison. » Et elle « C’est génial, ils parlent français, c’est une trop belle langue. »

Mais en fait, je dis des choses que n’importe quelle maman dit, mais le fait de le dire en français, ils trouvent ça super.

Quand je vais chez le médecin, dès qu’ils entendent que je suis Française, ils me parlent de leurs vacances. Parce que la France, c’est les vacances. Surtout, moi, je viens du Sud, vraiment la Méditerranée, tout ça. C’est leurs vacances.

Et j’ai été naturalisée il y a trois mois. Le monsieur qui me remet mon certificat de naturalisation me dit « Il y a 80 ans, j’étais à Bordeaux. »

Et c’est vraiment toujours très bien vu, les gens. Ils me racontent tous leurs vacances. Je trouve ça exceptionnel. L’image qu’ils ont de la France, de Paris, du Sud, tout.

J’ai les mêmes médecins ! Ton fils, Félix, le plus grand, va rentrer à l’école l’année prochaine. Est-ce qu’il y a des écoles où le français est proposé ? Est-ce qu’il va pouvoir avoir un cursus un peu en français à partir d’une certaine classe ? Ou est-ce que tu vas vouloir trouver une solution pour apprendre la lecture et l’écriture en français ?

Oui, alors là, justement cette maman franco-allemande, elle est née en Allemagne de mère française. Donc, c’est une génération, le décalage un peu. Donc, j’ai son avis et son parcours à elle en tête.

Et elle m’a dit qu’elle a quand même appris le français à l’école en cursus normal. Parce qu’en fait, elle apprenait à parler, mais elle ne savait pas écrire en français. Donc, elle était dans le cursus classique.

Finalement, ça l’a beaucoup aidée. Et puis maintenant, elle est prof de français. Donc, elle s’y connaît.

Donc, je pense que je vais faire ça avec les miens aussi. Je vais voir s’ils veulent.

Je leur demanderai leur avis, évidemment. Mais oui, qu’ils aillent dans un cursus classique. Après, apprendre anglais, français, plutôt que l’espagnol

Qu’ils apprennent à lire et à écrire en allemand. Et qu’après, on introduise petit à petit le français, mais je ne pense pas la première année.

Je voudrais déjà qu’il ait des bonnes bases en allemand pour pouvoir apprendre par la suite le français. Qu’ils comprennent déjà comment ça fonctionne, la grammaire, la lecture.

Est-ce que tu aurais des conseils pour les qui souhaitent maintenir cet apprentissage du français, notamment quand on est dans un endroit un peu isolé, sans offre en français ou autres familles ?

Oui, et puis, ça fait pas longtemps que j’ai cette maman franco-allemande, puisque avant, on habitait vraiment dans un village perdu.

Je dirais la lecture, j’ai la chance d’avoir deux enfants qui aiment lire. Dès quasiment la naissance de Félix, j’ai commencé à leur lire des livres en français et acheter beaucoup de livres.

Ils lisent énormément. Parler français, parler, parler, parce que l’allemand, spontanément, ils vont l’apprendre, puisqu’ils sont dans un environnement germanophone toute la journée.

Des fois, c’est un effort, vraiment. On est fatigué, on perd l’effort. Parler toujours, toujours, toujours, toujours. Même s’ils répondent en allemand, ou dans une autre langue, continuer à parler français.

Je vois avec le petit, qui est un peu plus cool, il doit se dire des fois, mais pourquoi je vais me casser la tête à parler français, alors que maman, elle comprend quand je parle allemand. Et puis, dès qu’il y a quelqu’un qui lui parle en français, il va essayer de répondre en français. Il va quand même faire l’effort, même s’il dit, oh non, je sais pas, j’ai pas envie. Il a trois ans et demi, il parle très bien, donc il sait dire, non, je sais pas.

Ou écouter des chansons pour enfants, ça, je faisais beaucoup. Maintenant, ils me donnent leur avis, ils me disent qu’ils n’aiment pas trop ça. Mais avant, écouter toutes les comptines en français, danser en français, chanter en français, dans la voiture, partout.

Après, s’ils sont plus grands, peut-être introduire la télévision aussi, en français, faire le maximum. Quand on fait une activité, même, avant, on allait au sport, et toutes les mamans parlaient allemand. Tant pis, je parlais quand même en français avec mes enfants pour qu’ils apprennent aussi le vocabulaire, qu’il y est une sorte de continuité.

Au jardin d’enfants, pareil, je leur parle tout le temps en français. Alors, il y avait des moments où je me disais, mais les autres mamans vont penser que je parle pas allemand.

J’avais un peu peur de ça, en me disant, mais elles m’entendent parler que français. Comment je vais me faire des copines si elles pensent que je parle pas leur langue ?

Et puis, finalement, ça se fait. Elles ont bien compris que je parle aussi allemand parce qu’elles m’ont entendu parler allemand.

Donc, c’est vrai qu’on parle principalement aux enfants en français, mais après, quand on parle aux adultes, on parle en allemand.

Par rapport à la lecture, je reviens dessus, c’est une bonne idée. J’ai lu il n’y a pas longtemps d’une collègue prof, elle a partagé un post sur ce sujet sur Instagram. C’était « si on lit un livre par jour à un enfant, il va entendre sur une année un million de mots. » On voit vraiment à quel point la lecture aide à cette transmission du français. Parce que la lecture permet d’aborder du vocabulaire qu’on ne va pas aborder au quotidien, des fois, selon le livre.

Oui, c’est ça.

Et puis, moi, je leur lis vraiment tout. Ils sont abonnés à l’école des loisirs. J’adore l’école des loisirs.

Je trouve qu’ils ont vraiment toujours de très bons livres chaque mois. Ils ont un autre abonnement à un magazine qu’ils reçoivent aussi une fois par mois.

Des fois, il y a des bons livres qui sont conseillés sur les réseaux sociaux, qui me font envie aussi à moi, parce que c’est moi qui vais les lire principalement. Et je leur lis un peu de tout, sur tous les sujets.

Il y a un autre sujet qu’on voulait aborder toutes les deux. C’est une particularité de ton fils, Félix, à savoir que pendant longtemps, vous ne saviez pas s’il entendait bien ou pas. Évidemment, le fait de bien entendre ou pas, a une influence quand on apprend deux langues. Déjà quand on apprend une langue, c’est compliqué, mais quand on en apprend deux, ça peut être encore plus compliqué. Alors, comment est-ce que vous avez vécu ça? Est-ce qu’il y a des questions que vous vous êtes posées, par rapport à cette transmission du français?

Effectivement, Félix a des soucis ORL qu’on connaît depuis qu’il a environ un an, on sait qu’il entend mal. En tout cas, on pensait qu’il entendait mal. Ça dépendait des tests. Une fois, il entendait mal. Une fois, il entendait bien. Il a déjà été opéré trois fois.

Il respire mal aussi. Il respire énormément par la bouche. Donc, il y a les deux.

Le fait de mal entendre, c’est quelque chose de famille. Sa cousine est malentendante. Elle a 20 ans. Pour nous, ce n’était pas un problème. S’il avait fallu qu’il soit appareillé, il l’aurait été. On connaît ça dans la famille. Mais finalement, non, pas besoin ni de drain ni d’appareil auditif. En tout cas, pour l’instant.

Puis on a déménagé. On s’est longtemps posé la question de savoir ce qu’il entendait.

Parce que savoir ce qu’entend un enfant d’un an, c’est compliqué. Lui ne peut pas le dire et les tests audios, c’est compliqué.

Après, les opérations, c’était toujours mieux. Mais il suffisait qu’il refasse une otite et les tests étaient à nouveau catastrophiques. Donc, oui, on s’est posé énormément de questions.

Moi, j’ai toujours continué à lui parler en français. Parler un peu plus fort par moment parce que je voyais qu’il n’entendait pas bien. Mais oui, c’est une question que moi, je me suis posée.

Mais comment on fait quand on a un enfant malentendant pour lui apprendre deux langues ? En fait, lui, il y a une telle nécessité qu’il parle les deux langues. Moi, j’aurais pu continuer à lui parler en allemand s’il avait fallu. Mais pour parler avec ses grands-parents et toute sa famille française, de toute façon, il a besoin du français.

Donc, j’ai continué à lui parler français sans savoir ce qu’il entendait et ce qu’il avait. Et puis finalement, en allant voir les médecins, quand ils nous demandaient son niveau de langage, comment il parlait, s’il arrivait à bien parler et tout, je leur disais, oui, il est bilingue. Et pour eux, c’était plutôt un élément rassurant parce que le fait qu’il arrive à parler deux langues, ça voulait dire quand même qu’il entendait assez bien pour distinguer les sons, comprendre que c’était deux systèmes différents.

Et d’ailleurs, de mes deux fils, c’est celui qui parle le mieux français. Et c’est celui qui fait vraiment le plus la distinction entre les gens qui parlent français. Il va leur parler directement en français. Donc, pour les médecins, c’était très rassurant de savoir qu’il était bilingue.

Ça veut dire qu’il entendait au moins pas trop mal, qu’il distinguait les sons. Donc, le bilinguisme était un élément rassurant pour son audition. Et en fait, il se trouverait que le problème, ce ne serait pas son audition en elle-même.

On a surtout eu la chance de déménager. Il était très bien suivi à l’hôpital de Würzburg où on était avant. Et maintenant, il est suivi au centre social pédiatrique, SPZ, en allemand. Donc, ce sont des centres multidisciplinaires où là, il est suivi toujours par la même ORL.

Mais il a vu aussi l’orthophoniste de l’hôpital, et ils se concertent entre eux pour avoir un avis de diagnostic. Il a déjà fait d’autres tests qui montreraient qu’il a peut-être un trouble central de l’audition, mais ce n’est pas sûr.

C’est-à-dire que le problème ne viendrait pas de l’oreille elle-même, mais du traitement de son audition, de ce qu’il entend. C’est-à-dire que le cerveau ne filtrerait pas les sons. Mais ça, ce n’est pas sûr, parce que ce sont des tests qui se font à partir de 6 ans, et il a 5 ans et demi.

On a déjà testé des appareils pour ça, ça l’aide énormément, mais ce n’est même pas sûr qu’il en ait besoin, parce qu’il y a plein de gens qui vivent sans.

Le fait de mal entendre, de mal respirer, surtout, c’est lié au liquide qu’il y a derrière ses oreilles, dans la trompe d’Eustache.

Le fait de mal respirer, ça fait aussi qu’il a une faiblesse musculaire au niveau des joues, donc il a quasiment toujours la bouche ouverte mais de moins en moins, parce qu’il fait de l’orthophonie une heure par semaine. Donc il travaille sa musculature pour à nouveau respirer par le nez. Et le fait de respirer toujours la bouche ouverte, ça entraîne une faiblesse musculaire qui entraîne aussi la mauvaise prononciation de certains sons.

Surtout en allemand, les sons comme les che, les tse, les se, ze, tous ces sons-là, qui sont aussi importants en français.

En français, avant, par exemple quand il prononçait mouche et mousse, il les prononçait pareil. Il fallait le contexte, ou douche et douce, pareil, c’était la même prononciation.

Mais avec l’âge, ça va de mieux en mieux avec tout ce qu’on a mis en place.

Mais effectivement, le fait de ne pas savoir ce que l’enfant entend, c’est compliqué parce qu’on dit, ça se trouve, je lui rajoute une difficulté en lui parlant dans deux langues différentes. Et ma belle-soeur, donc la mère de la cousine de Félix, sa fille a appris l’anglais et en deuxième langue, elle lui a fait prendre espagnol parce qu’elle trouvait que le français était trop compliqué pour une personne malentendante.

Nous, on a continué à parler assez normalement tant qu’on n’avait pas de résultats, de tests qui nous disaient que vraiment il entendait mal. Et je pense qu’on a bien fait puisqu’il parle pas trop mal. Mais effectivement, c’est une question qu’on s’est posée longtemps.

Ou dans un contexte où il y a énormément de bruit, il va pas nous entendre parce qu’il y aura trop de bruit et tous les sons vont se mélanger pour lui. J’ai remarqué, quelque chose qui est resté, c’est que je mets toujours des vestes de couleur pour être sûre que s’il m’entend pas, il me voit. Quand on est dans un lieu public, j’ai toujours des vêtements flashy et c’est en grande partie, pour lui, pour être sûre qu’il me remarque.

Pour terminer, est-ce que tu as une ou plusieurs anecdotes sur le bilinguisme de tes enfants ?

Oui, alors j’en ai plusieurs, par exemple Félix à l’hôpital qui me demande pourquoi la dame elle est en fauteuil roulant ? Ou Basti qui fait beaucoup ça, il demande Platteswasser, tout le temps à tout le monde, peu importe qui en est, chez des Allemands, chez des Français Platteswasser.

Traduit littéralement, c’est de l’eau plate, l’adjectif plate, il le conjugue, il met la terminaison et il le dit à tout le monde, même les Allemands comprennent maintenant.

Merci à Céline pour son témoignage au combien important pour des familles confrontés à des problèmes de surdité! N’hésitez pas à lui laisser un mot en commentaire!
A bientôt pour un nouvel épisode!

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