Blandine (Allemagne), grandir dans une ville multiculturelle
Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir Blandine qui nous vient d’Allemagne et qui est maman d’un enfant et de bientôt deux puisque le petit deuxième est en route. Bonjour Blandine. Est-ce que tu peux te présenter ?
Bonjour Audrey, alors oui, avec plaisir. Donc je m’appelle Blandine, j’ai 38 ans et je suis donc la maman, comme tu l’as dit, d’une petite fille qui a 5 ans, qui aura 6 ans au mois de mars l’année prochaine et également donc enceinte du deuxième bébé en route qui arrivera le 6 décembre.
Donc voilà, on est très heureux d’accueillir ce deuxième petit bébé. Notre fille est née en Allemagne, donc on vit à Düsseldorf depuis maintenant 8 ans presque. Et j’ai rencontré mon mari en Angleterre et donc on était tous les deux à Londres depuis déjà quelques années.
Moi j’ai vécu 11 ans à Londres avant d’arriver en Allemagne. Donc on s’est rencontrés à Londres et puis on a voulu partir, se rapprocher un petit peu de nos familles. Mon mari est allemand, il ne vient pas du tout de Düsseldorf.
Par contre, il est originaire, enfin né à Francfort et sa maman vit maintenant à côté de Hanovre. Donc la destination Düsseldorf a été pour nous une destination, je dirais pragmatique et pratique dans le sens où c’est un petit peu au milieu de tout le monde et qu’on peut se rendre chez nos familles respectives en moins de 5 heures, donc ça se fait assez facilement en un week-end. Donc voilà le choix Düsseldorf, en sachant que moi quand je suis arrivée à Düsseldorf, je ne parlais pas un mot d’allemand.
Donc j’ai appris la langue au moment où je suis arrivée en faisant des cours intensifs, en travaillant, etc. Je dirais pas que mon allemand est parfait aujourd’hui, mais en tout cas je travaille en allemand et je vis ma vie en Allemagne maintenant complètement normalement, en faisant des grosses fautes. Mais bon, c’est pas grave, j’ai ma fille pour me dire que je fais des fautes.
Donc tout va bien.
Donc voilà, et puis le français du coup dans notre famille, il est à la maison je veux dire, il est très présent évidemment parce que moi je parle à ma fille seulement en français. Mon mari lui parle en allemand et entre mon mari et moi, dans nos communications à deux particulièrement, on parle exclusivement en anglais. On essaye d’éviter de plus en plus de parler en anglais devant elle parce qu’elle ne le comprend pas et qu’elle ne parle pas.
Et qu’elle nous a fait la remarque plusieurs fois depuis quelques mois de dire je comprends pas quand vous me parlez en anglais, il faut arrêter. C’est seulement si papa ou maman ne comprend pas un mot en allemand ou en français que vous avez le droit de parler en anglais. Ce qu’on a trouvé plutôt juste, donc on a décidé d’arrêter de parler en anglais devant elle.
Donc moi je parle exclusivement en français. Mon mari le comprend, le parle un petit peu, même bien plutôt. Et moi du coup je comprends et je parle l’allemand.
Donc voilà, on communique tous dans notre langue. Et Victoria, notre fille, s’adapte en fonction de ce qu’elle a envie de parler. Avec moi, naturellement, elle va parler le français.
Et avec son papa, naturellement, elle va parler l’allemand. Mais j’ai décidé, enfin on a décidé naturellement, on n’a jamais forcé quelques langues à la maison. Ça s’est fait tout simplement naturellement dans la vie de tous les jours.
La communication se fait dans la langue qui nous vient en premier en fait. Et moi naturellement, c’est le français qui me vient en premier. Mon mari, c’est l’allemand.
Donc voilà, il n’y a jamais eu de règles. Et on n’a pas l’intention de mettre des règles à la maison, de se dire à la maison on ne parle que français, ou avec maman c’est uniquement le français, et avec papa c’est uniquement l’allemand. Non, on la laisse un petit peu faire comme elle a envie de le faire.
Voilà. C’est un peu notre approche de la langue. Et puis Victoria, on a la chance aussi d’avoir une fille qui est très intéressée, qui est curieuse et qui est même, je dirais presque fière de parler deux langues. Donc c’est vrai que ça facilite aussi le langage à la maison et la communication.
Et puis on vit aussi dans une ville qui est très multiculturelle. Donc elle n’est pas la seule à parler deux langues différentes à la maison.
Elle a des petites copines qui parlent allemand et russe ou allemand-italien. Donc du coup c’est vrai qu’elle ne se sent pas seule et que c’est normal en fait de parler deux langues à la maison. Et pour l’équipe pédagogique ça l’est aussi.
Donc c’est vrai que ça facilite les choses.
C’est bien aussi, parce que c’est loin d’être une évidence. Je l’ai vu régulièrement dans les podcasts où des équipes pédagogiques qui devraient être normalement formées au développement de l’enfance, version 2025, ou encore beaucoup disent « Ah non, deux langues ou plus, c‘est beaucoup trop pour un enfant, gardez-en une » Alors que ce n’est pas vrai du tout. Et comme on le voit chez énormément d’enfants et de personnes, c’est parfaitement possible.
Exactement. Et puis moi on m’a souvent dit « Oui, tu verras, ta fille va avoir du retard. » Au niveau de la langue ou du langage, je n’ai pas du tout trouvé.
Elle a parlé très rapidement, comme tous les autres enfants de son groupe. À la crèche, je n’ai vraiment pas trouvé qu’elle ait eu un retard au niveau du langage. Donc est-ce que c’est un mythe ou est-ce que c’est nous qui avons de la chance ? Je ne sais pas.
Après en effet, elle a parlé en premier allemand, parce qu’elle était dans une crèche allemande. Donc le « je » etc. c’est tout de suite venu en allemand. Après il y avait des petits mots qu’elle a toujours un petit peu dit en français parce que ça revenait beaucoup à la maison. Le « encore ». Ouais, je dirais le « encore » surtout et le « non ». Des premiers mots qu’elle a pu dire et qui étaient en français, à part les mots qu’elle a dit en allemand en premier.
Mais en effet, c’est l’allemand qui arrive en premier, ça c’est sûr. Le « non », je crois que c’est universel. Chez tous les enfants, c’est un des premiers mots à venir.
Comment est la vie en tant que maman en Allemagne ? Est-ce que tu peux nous décrire, voilà, comment toi tu le ressens en tant que française en Allemagne ? Peut-être les différences, ce que tu apprécies ou ce que tu n’apprécies pas ?
Alors moi du coup, j’ai l’exemple de ma sœur surtout, qui élève ses trois filles en France. Donc j’ai beaucoup comparé mon éducation ou l’éducation que les autres mamans ici peuvent donner avec celle que ma sœur peut donner en France, et de ce que j’ai. Si je fais le parallèle avec mon éducation aussi que moi j’ai eue, et l’éducation que je vais donner à ma fille en étant en Allemagne, elle est complètement différente.
Parce que déjà les horaires de garde en Allemagne sont plutôt différents de celles qu’on peut avoir en France. Donc du coup, je sens qu’on est bien plus présents et présentes, du coup, en tant que maman, pour nos enfants. Et on a beaucoup plus de temps libre à partager avec nos enfants, surtout la semaine.
Je récupère ma fille en général vers 16h à la Kindergarten. J’ai la chance d’avoir un contrat qui est assez long, vu que je travaille aussi à plein temps. Mais je peux aussi récupérer ma fille à 16h, ce qui est complètement normal en Allemagne.
Je quitte le travail vers 15h45, 15h30, en sachant que je travaille de la maison, donc j’ai la chance de pouvoir aller chercher ma fille assez rapidement. Et on a le temps de partager ensemble des activités périscolaires, on a le temps d’aller au parc tous les soirs, on a le temps d’aller manger une glace quand il fait beau, on a le temps de faire plein de choses que moi, quand j’étais petite, j’ai pas eu le temps de faire forcément avec ma maman, qui travaillait souvent jusqu’à 17h30, voire 18h. Et on était pris en charge par les éducatrices qui nous prennent après l’école ou après la maternelle.
Donc je trouve que c’est un sacré avantage pour l’enfant, et pour nous aussi, parce que du coup, on n’est pas directement dans le tunnel du soir. À 18h, il faut faire à manger, il faut prendre le bain et il faut aller se coucher, quoi. Donc c’est vrai que ça, c’est le gros avantage qu’on n’a peut-être pas en France et que je trouve super en Allemagne.
Après, encore une fois, j’ai la chance de vivre dans une ville où on est beaucoup de mamans aussi expats. Donc du coup, quand on se retrouve à l’ère de jeu, qui sont quand même super en Allemagne, on a la chance d’avoir des super ères de jeu avec beaucoup de parents, beaucoup d’enfants qui se retrouvent après l’école, etc. Je ne me sens pas isolée dans mon rôle de maman française à l’étranger, puisque je ne suis vraiment pas la seule, du coup.
Et puis, j’ai aussi beaucoup de mamans allemandes qui sont très ouvertes et très heureuses de parler avec des mamans qui viennent d’ailleurs. Donc, j’ai envie de dire que j’ai un peu suivi le chemin et le moule, quoi. Mais l’adaptation s’est faite, encore une fois, hyper naturellement.
Après, je crois que le seul truc qui, des fois, me déstabilise un peu, c’est la façon dont l’approche que les maîtresses ou les éducatrices ont avec l’éducation des enfants à l’école. Alors, je le vois finalement aussi en parallèle avec mes nièces qui ont été à la maternelle et où l’approche est beaucoup plus prescolaire. Du coup, on va commencer à apprendre la lecture, on va commencer à apprendre l’alphabet, etc.
En Allemagne, ce n’est pas du tout le cas. On laisse les enfants jouer librement jusqu’à leurs six ans et aux six ans, on va rentrer à l’école et on va mettre en place toutes les matières. C’est beaucoup plus pédagogique.
Et du coup, c’est vrai qu’il y a un gros gap entre la kindergarten jusqu’aux six ans et le moment où vous rentrez à l’école. Donc, le gap, il est pour les enfants certainement très difficile, mais il est aussi pour les parents, je pense. Je ne l’ai pas encore vécu, mais je sens qu’on va le vivre l’année prochaine et j’ai la chance d’avoir d’autres mamans qui m’en parlent et donc je peux me préparer psychologiquement à ce gros changement.
Mais du coup, c’est ça les petites différences. C’est surtout la différence entre moi, ce que j’ai vécu et ce que je fais vivre à ma fille. Mais je pense que c’est plutôt très positif.
Il n’y a pas eu de difficultés, quoi, vu que ça reste que des choses plutôt positives.
Comment tu as mis en place cette transmission du français ? Qu’est-ce que tu as fait pour qu’elle atteigne ce niveau et cet amour de la langue aussi, comme tu as dit, parce qu’il y a beaucoup d’enfants qui rejettent la deuxième langue ?
Alors du coup, nous, ce qu’on a mis en place, déjà dès toute petite, comme je disais, j’ai toujours parlé naturellement uniquement en français pour lui raconter des histoires, pour lui parler, pour lui expliquer les choses, dès qu’elle était toute petite. C’était le français qui a toujours été la langue première, en tout cas de mon côté.
Après, on a beaucoup eu, et j’ai demandé aussi à ma famille de nous faire des cadeaux de livres en français pour que je puisse lui raconter des petites histoires en français. À partir du moment où elle a commencé à regarder un tout petit peu la télé, les dessins animés, c’est en français. Du coup, comme ça, elle voit aussi la télé en français.
Donc ça, c’est aussi quelque chose où ça, c’est la seule petite règle qu’on a peut-être à la maison, c’est quand on regarde les écrans, c’est des écrans en français et pas dans d’autres langues. Après, on a inscrit Victoria assez rapidement à l’Institut français pour les cours de français à partir de, je crois que c’était trois ans. Ouais, quand elle a eu trois ans, elle a commencé à prendre des petits cours de français, une heure par semaine, les samedis matins.
Donc ça, ça lui permet… Enfin, j’ai vu vraiment l’évolution où d’étoffer en fait son vocabulaire que moi, je n’aurais pas forcément eu. Et puis de partager aussi avec d’autres petits enfants qui parlent aussi français à la maison. Moi, ça m’a aussi permis de rencontrer d’autres mamans qui parlent, ou d’autres parents qui parlent français aussi.
Donc on s’est fait, grâce à l’Institut français, en vrai, un sacré réseau de familles et de copains avec qui on se retrouve tous les samedis. Et on arrive à… Pendant qu’ils sont à l’école, nous, on va boire un café et après, on les emmène. Et après, on les emmène à l’air de jeu pour qu’ils puissent continuer à jouer ensemble en français.
Et c’est vrai que naturellement, on le sent que comme ils se connaissent dans une ambiance française et qu’ils ne sont pas forcément dans la même crèche ou kindergarten en allemand, ils vont se parler naturellement en français. Donc ça, c’est plutôt très cool. Après, on entend des fois qu’ils switchent en allemand parce que c’est plus facile, ils ont l’habitude.
Ou ils jouent à un jeu à la kindergarten, ils veulent le ramener avec leurs copains français. Mais c’est vrai qu’en règle générale, ils parlent quand même, ce petit groupe de petits français, ils parlent quand même en français entre eux. Et c’est assez mignon à voir.
Donc ça, l’Institut français qui joue un gros rôle pour nous, rentrer régulièrement en France pour voir nos familles, pour qu’elles puissent passer du temps avec ses cousines. Et puis oui, par la musique, par plein de petites choses comme ça que j’essaie d’apporter un peu tous les jours. Mais encore une fois, il n’y a rien de… C’est très naturel, quoi.
Parce que moi, je le fais pour moi, donc je l’amène aussi pour ma fille. Je lui fais écouter des musiques françaises parce que j’aime bien les écouter. Et la radio, quand j’ai envie de mettre la radio, je mets la radio en français.
Donc elle va entendre aussi qu’il n’y a pas que maman, en fait, qui parle français. Et il y a plein d’autres gens autour d’elle. C’est tout un petit environnement de français autour d’elle.
Donc je pense que ça facilite aussi beaucoup les choses. Oui, je pense aussi en effet que ça aide quand il voit, comme tu dis, qu’il n’y a pas que maman ou papa qui parlent français, mais qu’il y a plein d’autres gens qui parlent français. Et la langue est d’un coup plus intéressante, en fait, parce qu’elle sert vraiment à communiquer, et pas juste avec une seule personne, voire papi-mamie en France.
Mais voilà, on ne les voit pas tous les jours, généralement. Donc c’est… L’environnement francophone, c’est très bien, oui.
Et alors, dans ton entourage allemand, belle famille, amis, collègues, comment s’est vu ce bilinguisme, le fait que ta fille ne parle pas que allemand, qu’elle apprenne le français aussi ?
Les gens sont toujours assez… Il y a une espèce de fascination.
On a souvent beaucoup de questions sur… Ah, mais c’est incroyable ! Et comment vous faites ? Et à la maison… Un petit peu ce que je suis en train d’expliquer là, aujourd’hui. J’ai l’impression de l’avoir expliqué plein de fois, parce qu’en fait, je pense que ça fascine un peu les gens de savoir comment ça se passe et comment on gère les deux langues. Et ouais, donc c’est souvent beaucoup de questions, beaucoup d’intérêts.
Et en général, c’est génial. Elle a trop de la chance. J’aurais adoré pouvoir parler deux langues à son âge.
Parce qu’en effet, je pense vraiment que quand on parle déjà deux langues à la maison très tôt, apprendre une troisième, quatrième, cinquième langue, c’est assez facile, en fait, après. Donc si elle garde l’amour des langues étrangères, franchement, tant mieux pour elle. Elle aura des facilités, en tout cas, pour en apprendre d’autres après.
Donc ça, c’est plutôt cool. Après, ce qui est toujours les questions qui reviennent au niveau de la langue, c’est surtout de la fascination. Après, c’est plus au niveau des traditions qu’on peut avoir en France, ce qu’on peut manger à la maison que les autres ne mangent pas ici.
Les habitudes alimentaires, souvent. Les traditions sont plutôt très similaires. En Allemagne, il y a plus de traditions que nous, on n’a pas en France, que nous, on vient apporter des fois un petit peu en France quand on va voir ma maman ou ma soeur qui sont un petit peu rigolotes, genre Saint-Nicolas ou Saint-Martin, qui est quelque chose de très particulier de notre région.
Donc voilà, c’est un petit peu rigolo. On essaie de l’amener. On a aussi le Schultüte, le petit sac de la rentrée de l’école, qu’on va mettre en place l’année prochaine.
Donc ça, je trouve que c’est hyper cool aussi de faire l’inverse, de ramener la culture française en Allemagne, évidemment, parce que moi, je suis française et que je le garderais, mais aussi l’inverse, de partager aussi la culture un peu allemande en France. Je trouve ça assez rigolo, quoi. Oui, puis ça permet… Enfin, moi, je me rends compte régulièrement que la culture allemande reste encore très méconnue en France, donc… Ou alors, elle est connue négativement, on va dire.
Ma maman, elle est toujours très heureuse de voir les photos, de tout ce qu’on peut faire à la main aussi, parce qu’il y a aussi cette tradition de tout faire chez soi, de tout faire à la main.
Ouais, c’est… Et moi, franchement, j’adore, donc je suis la première à participer, en tout cas.
Tu nous as parlé de l’Institut français qui propose donc des cours pour les petits francophones assez tôt. Est-ce qu’à Düsseldorf, il y a d’autres actions qui sont organisées pour les Français et notamment pour pouvoir soutenir le français chez les petits francophones ?
Alors, du coup, l’Institut français, elle offre des cours, mais pas que.
Ils ont un gros, gros programme culturel qui est hyper intéressant. Je suis peut-être aussi l’ambassadrice de l’Institut français. Allez, hop ! Du coup, j’essaye un peu de faire du bénévolat, quoi, vu que j’ai rencontré pas mal de mamans qui participent aussi aux cours de français pour leurs enfants, et je m’entends aussi très bien avec les dames qui gèrent la médiathèque et le Bibliobus qu’ils ont aussi.
Je vais participer aussi à quelques petits ateliers créatifs pour les enfants, donc une fois par mois, en général, ils lisent des livres pour les enfants en français, et après, on a proposé, du coup, et moi j’ai organisé ces petits ateliers créatifs en fonction des histoires qu’on va lire. Donc c’est souvent sur l’automne, sur le printemps, sur Noël ou sur Pâques, etc., donc ça vient un petit peu ponctuer un moment de l’année. Donc ça, c’est assez cool, et donc c’est par l’Institut français.
Elles organisent ça, et moi j’ai aidé quelques fois aussi, donc ça, c’était très, très, très sympa. La Bibliothèque centrale de Düsseldorf aussi a un espace pour les livres en langues étrangères, et puis il y a une belle sélection de livres en français. Ils ont aussi une super sélection pour les adultes et pour les adolescents, donc ça, c’est plutôt cool.
Et puis, il y a aussi, à partir du CP, donc des Erste Klasse, en Allemagne, à Düsseldorf et à Wuppertal, je crois que c’est trois villes autour de Düsseldorf, incluant Düsseldorf, qui proposent aussi deux heures de cours par semaine pour les enfants, pour les français ou autre langue, pour leur apprendre à lire, à écrire, etc., dans leur deuxième langue maternelle. Donc il faut juste prouver le jour où on inscrit nos enfants à l’école, prouver que l’un des parents a une deuxième langue étrangère, donc moi ou un grand-parent, il me semble, et on peut l’inscrire pour toute une année, deux heures de cours par semaine. Par contre, il faut aller chercher son enfant à l’école, l’amener dans l’école où les cours de français sont proposés.
Et oui, il me semble que c’est le mercredi, par exemple, du mercredi de 15h30 à 17h30, et c’est proposé par une professeure de français. Et ils recherchent des profs, donc appelle… Ça, c’est super que ça soit proposé, que ça soit gratuit, etc., par la ville de Düsseldorf, mais on manque de profs de français, quoi. Donc, il y a de plus en plus de demandes, les gens ont envie, mais s’il n’y a pas de profs, on ne pourra pas continuer, quoi.
Donc, s’il y a des profs de français qui nous écoutent, il y a du boulot à Düsseldorf.
Pour l’instant, ça existe, et on a une prof de français à Düsseldorf qui donne les cours pour l’école primaire. Après, est-ce qu’elle restera longtemps ? On l’espère, mais on aurait besoin d’une deuxième, parce qu’elle n’est pas à plein temps non plus, et qu’il y a des autres petites villes autour de Düsseldorf qui ne peuvent pas avoir accès à ça, donc c’est vrai que c’est un petit peu dommage. Oui, parce que visiblement, moi je suis de Cologne, on est quasiment voisines, donc je connais plus loin Düsseldorf.
Il y a beaucoup de français ou de francophones à Düsseldorf, j’ai l’impression qu’il y a une énorme communauté, non ?
Oui, franchement, oui, on est vraiment beaucoup. Donc ça explique l’ensemble des actions qui ont été mises en place et qui sont visées, et la demande qui est évidemment très forte. Exactement, exactement.
Et puis, il y a aussi à Düsseldorf, la Frankreich Fest, qui est quand même assez connue, donc qui a lieu en général début juillet, qui est vraiment un événement assez incroyable, qui réunit vraiment, vraiment beaucoup de monde. Donc là, c’est vrai que c’est toujours hyper sympa d’y aller en famille et de pouvoir goûter tous les petits plats traditionnels de France, et puis il n’y a pas que à manger, il y a aussi à boire, il y a aussi des activités organisées, des concerts, qui sont organisés par l’Institut français, encore une fois, je suis vraiment l’ambassadrice, je vais te demander comment je fais, hein ! Voilà ! Donc ils sont organisés par l’Institut français, mais il y a aussi le Chance Festival, qui est aussi un festival qui réunit beaucoup d’artistes français aussi, cette année, et qui est aussi organisé par le parrainage entre la France et l’Allemagne, apparemment, je ne sais pas trop qui l’organise, mais je sais que c’est la ville de Dusseldorf qui l’organise, et l’Institut français aussi en fait partie, et ils réunissent beaucoup d’artistes qui viennent de France pour proposer leur musique, et tout, et c’est vraiment super sympa, quoi ! Donc, on a deux festivals qui regroupent beaucoup de monde, l’Institut français et la ville de Dusseldorf, qui offre des cours de français pour les enfants, mais aussi pour les adultes, d’ailleurs. Et il y a aussi, bon, c’est pas pour les enfants, mais pour les jeunes adultes, ils organisent aussi à la bibliothèque centrale des cercles de paroles pour les gens qui veulent parler français, sans prendre de cours, c’est vraiment en général sur des thèmes un peu peu importe les thèmes, il y a beaucoup de thèmes qui sont proposés tous les deux mois, c’est une heure de cercles de paroles, et les gens se retrouvent pour discuter en français, et c’est très sympa, j’ai déjà participé aussi pour aider une dame qui l’organise de l’Institut français, et bon, c’est vrai qu’il y a beaucoup de personnes plutôt âgées qui participent, mais c’est adapté aussi, ce serait adapté aussi à des plus jeunes qui sont au collège par exemple, ou au lycée, qui ont envie de parler un peu plus.
Quels seraient tes conseils, plutôt, pour les parents, donc qui transmettent deux ou plusieurs langues, donc le français ou autre, pour que ça se fasse dans la bonne humeur, que l’enfant apprenne volontiers, qu’il apprenne bien ?
Je vais parler avec mon expérience, mais j’ai envie de dire de ne pas se mettre de pression, en fait, de faire les choses naturellement, comme elles le viennent. Ouais, vraiment, ça serait ça mon conseil, de vraiment ne pas se mettre de pression, de communiquer dans sa vie de tous les jours avec son enfant et sa famille, comme ça nous vient, quoi.
Et vraiment, de ne pas trop mettre de pression aux enfants, je crois, aussi, parce que, même s’il y a un rejet à un moment donné, moi, franchement, je me dis qu’il y en aura peut-être un à un moment donné, que ma fille, elle me dira, non, maman, excuse-moi, mais le français, c’est trop nul. Je crois que je continuerai de toute façon à lui parler français, parce que je me vois pas commencer à lui parler en allemand ou en anglais, parce que c’est pas ma langue maternelle, en fait, et que de toute façon, c’est comme ça que je parle, donc si elle a pas envie de me parler en français pendant un moment, je sais que ça reviendra et que, des fois, c’est juste des phases de rejet, pas contre la langue, des fois, c’est contre nous, les parents, donc c’est pas… Il y a ça aussi, oui. Donc, ouais, juste faire les choses naturellement, ne pas trop se prendre la tête sur comment la langue arrive, elle arrive de toute façon naturellement, donc voilà, ça serait mon conseil.
Pour terminer, est-ce que tu peux nous donner une ou plusieurs anecdotes du bilinguisme de ta fille, justement ?
Alors, petite anecdote, celle que, j’imagine, nous, on préfère, c’est que Victoria, elle traduit… Elle va conjuguer tous les verbes en français avec le « gue » de l’allemand. Donc, elle va nous dire qu’elle a gué-mangé.
Voilà, c’est celui qu’elle fait toujours et que j’ai pas trop envie de corriger. C’est vrai que c’est mignon. D’ailleurs, pour rebondir, je corrige pas trop ma fille, en fait.
J’essaie de la laisser parler comme ça vient, et des fois, quand je pense que c’est le bon moment, je vais essayer de lui dire… Je vais lui répéter sa phrase avec les bonnes terminaisons en français, enfin, la bonne façon de le dire en français, mais je vais jamais lui dire « Ah non, par contre, en français, on dit ça. » Parce que j’ai pas envie qu’elle se sente… Qu’elle fait des fautes, quoi. J’ai envie que ça soit cool pour elle et qu’elle apprenne en m’écoutant plutôt que moi en lui corrigeant ses fautes.
Donc, cette petite conjugaison français-allemand, pour l’instant, je lui dis pas, je souris, j’apprécie. Et je pense qu’elle se rendra compte au fur et à mesure, en allant à l’école, etc. Mais tant que je comprends et tant qu’elle se fait comprendre, c’est comme moi, je fais des grosses fautes en allemand, et c’est pas grave.
Quand les gens me corrigent, j’apprécie. Quand on me corrige pas, bah, je me dis, ils ont compris, c’est principal. C’est vrai.
Merci à Blandine! N’hésitez pas à lui laisser un mot en commentaire!
A bientôt pour un nouvel épisode!




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