#2 – Aurélie, agir de manière locale en créant un groupe pour enfants francophones
Aujourd’hui, c’est Aurélie, maman et future maman française en Estonie, qui nous partage son expérience. Bonjour Aurélie ! Est-ce que tu peux te présenter ?
Bonjour! Je m’appelle Aurélie, j’ai 43 ans et je suis Française. J’habite en Estonie, dans la ville de Pärnu précisément, depuis 5 ans. Ça fait maintenant 20 ans que j’ai quitté la France.
Avant l’Estonie, j’ai vécu à Londres et à New York, où j’ai rencontré mon mari. Lui est né en Estonie, à Pärnu. Il a déménagé en Allemagne en 1989 quand il avait 9 ans. Et il est parti vivre aux États-Unis il y a 20 ans.
C’est ensemble qu’on a mené ce projet d’emménagement en Estonie et de projet de famille aussi. En ce qui le concerne, il est trilingue allemand-estonien-anglais, et moi je suis bilingue français-anglais. Je suis designer d’intérieur. J’ai un petit garçon de 3 ans et demi, qui lui est bilingue estonien-français et j’attends une petite fille dans 3 semaines.
Comment se passe la transmission du français avec ton fils ? Est-ce que c’est facile ? Est-ce que tu te rends compte qu’il y a des difficultés ? Est-ce que vous avez des soutiens dans votre ville ? Des associations ou des choses mises en place pour ces petits francophones ?
Alors l’Estonie est un pays relativement récent, il y a 30 ans en termes d’indépendance retrouvée, il n’y a pas de lycée français. On a un institut français avec qui je suis en relation, mais chacun fait plus ou moins du bricolage, pour ce qui est de la transmission de la culture et du bilinguisme. Et ce qui est intéressant, c’est que l’Estonie étant un pays extrêmement connecté, on a des groupes Facebook pour les expatriés, et pour les francophones plus particulièrement. On a une dizaine d’enfants actuellement entre zéro et dix ans, qui sont francophones dans notre ville.
Donc il y a une petite communauté qui s’entraide. En discutant avec d’autres parents, on voit les stratégies de chacun vis-à-vis du bilinguisme et de la transmission de la langue, et ça c’est très intéressant. En ce qui nous concerne, on a choisi la méthode un parent, une langue. Donc moi je m’adresse en français à mon fils, et mon mari s’adresse en estonien à lui. En sachant que mon mari est un Estonien dans l’âme, c’est-à-dire il ne parle pas beaucoup.
L’avantage du système de congé parental en Estonie fait que j’ai pu rester à la maison. Je travaille aussi en freelance, donc j’ai aussi le choix de choisir des projets ou pas. Donc j’ai pu rester avec mon fils jusqu’à ce qu’il entre à la maternelle (l’équivalent) à trois ans. En Estonie on peut commencer la maternelle à deux ans, mais je voulais vraiment qu’il ait des bonnes bases en français, puisque maintenant qu’il est à l’école estonienne, bien évidemment sa langue principale c’est l’estonien. Je voulais donc vraiment consolider ses bases en français. De ce que j’en ai lu, le bilinguisme peut s’acquérir après la naissance, ce n’est pas quelque chose de figé dans le temps. J’ai des exemples dans la famille de mon mari notamment, où des enfants ont appris l’allemand après l’âge de 5-6 ans a lors qu’ils ont un parent allemand.
Le bilinguisme c’est quelque chose d’assez malléable finalement. Je m’y suis intéressée relativement tôt. Pendant la grossesse de mon fils je m’y intéressais déjà beaucoup. Et donc les stratégies qu’on a mises en place, un parent une langue, et aussi tout ce qui est médias. Mon fils n’a pas eu le droit aux écrans jusqu’à ce qu’il ait 3 ans, mais tout ce qui est médias, radio, à la maison, même maintenant qu’il a le droit à regarder la télévision un petit peu chaque jour, c’est exclusivement des contenus en français.
C’est assez ironique, parce que l’estonien est une langue avec 1 million de locuteurs, et le français avec plus de 100 millions je crois, et pour autant on est la langue minoritaire ici, puisqu’on vit en Estonie. Et puis après c’était aussi le choix de l’estonien en soi, parce que l’ensemble de la famille de mon mari, en dehors de la même génération que mon fils, où il ne parle pas forcément estonien, tout le monde parle estonien. Et c’était important pour moi que mes enfants parlent estonien, la langue d’origine de la famille de mon mari.
On s’est dit avec mon mari que l’allemand et l’anglais, les langues secondaires pour nous, ce sont des langues qu’il peut parfaitement apprendre à l’école, alors que l’estonien ne s’enseigne nulle part, en dehors de l’Estonie. Maintenant que je l’entends parler estonien, et que je connais un peu plus la langue moi-même, je trouve ça très intéressant, puisque l’estonien n’est pas une langue indo-européenne, donc n’a rien à voir avec les autres langues. Je trouve très intéressant, ne serait-ce que pour le développement de sa pensée, qu’il puisse parler des langues qui n’ont absolument rien à voir l’une avec l’autre.
Tu m’avais dit que tu étais en contact avec l’Institut Français, pour monter un groupe, faire des activités, justement pour cette petite dizaine d’enfants francophones. Peux-tu nous en dire plus ?
Oui voilà exactement, alors ce qu’on a remarqué, on a plusieurs familles qui ont deux enfants, et pour le deuxième enfant, c’est un peu plus compliqué de parler le français. Et donc puisque l’aîné voit que le deuxième galère un peu avec le français, ils se mettent à parler estonien. Les aînés en général associent les enfants à l’estonien, puisque c’est la situation avec laquelle ils font face à l’école ou au jardin d’enfants, et par association ils communiquent en estonien avec leurs petits frères ou leurs petites sœurs.
Et donc je me suis posée la question de savoir comment ça allait se passer quand ma fille va arriver, et c’est une discussion que j’ai très souvent avec mon fils d’ailleurs. Il me demande souvent quelle langue elle va parler, et je lui dis que ce serait à lui de lui parler la langue qu’il préfère, en sachant qu’avec maman elle parlera français aussi.
Je crois qu’il est en train de réfléchir à la question, mais c’est là que je me suis dit que c’est dommage de voir qu’avec Morgan mon fils ça a été tellement simple, ça lui est venu tellement naturellement. Et de me dire que ce serait bien de mettre en place quelque chose, que je ne sois plus le locuteur principal français, mais qu’ils puissent s’exprimer en français avec d’autres enfants, dans un cadre un petit peu différent que celui de la maison. Qu’ils n’associent pas seulement le français à quand moi je parle, quand je parle avec mes parents en vidéo, ou quand ils sont là, et créer une communauté dans laquelle le français est un outil indépendamment de moi en fait.
C’est donc pour ça que j’ai contacté l’Institut français au départ, puisque j’ai une amie à Tallinn, la capitale de l’Estonie, qui est elle maman de quatre enfants, tous bilingues estonien-français. Ils sont beaucoup plus âgés maintenant, je crois que l’aîné doit avoir 35 ans. C’est elle qui m’a dit de contacter l’Institut français, leur demander s’il y a moyen d’organiser des activités, et donc on s’est rencontré mi-janvier, avec la coordinatrice de tout ce qui est cours de langue et apprentissage du français.
Elle est venue à Pärnu, on a fait une petite soirée où on s’est rencontré, tous les parents, les enfants ont pu parler. C’était très drôle, parce que bien évidemment entre dix ans et tout petit, les enfants d’une dizaine d’années étaient super excités. Ils n’arrêtaient pas de parler, ils étaient tellement dans la joie de pouvoir partager leur connaissance du français, de pouvoir lui parler, et oui, clairement dans un contexte différent que le contexte familial, et ça c’était très jouissif pour eux, très clairement.
Là j’attends le retour de la personne qui s’occupe de ça à l’Institut français, pour qu’on organise quelque chose peut-être d’hebdomadaire. À Tallinn, il y a des activités hebdomadaires pour les enfants, mais c’est organisé le samedi matin, et Pärnu est à deux heures de route de Tallinn. C’est pas gigantesque, ça se fait très bien, mais avec des enfants ça demande pas mal de coordination. Et il faut quand même se lever un samedi matin à sept heures pour aller à Tallinn.
Et toutes les semaines en plus. Et après une semaine d’école. Et puis pour les plus petits c’est encore plus compliqué à gérer. Dans quelques années normalement on doit avoir un train rapide qui passera de Tallinn à Pärnu en 45 minutes, donc ce sera déjà nettement plus gérable. Mais en attendant, c’est vrai qu’on est en train d’envisager avec l’Institut français, potentiellement quelqu’un qui viendrait une fois par mois pour faire un atelier, avec vraiment un suivi pédagogique, pour essayer de voir aussi les besoins de chacun, parce que c’est quand même une tranche d’âge très vaste.
Et pendant les autres semaines, soit des parents, soit on organise une projection, soit on fait des lectures, soit on loue une petite salle de jeu où les enfants peuvent simplement jouer et échanger entre eux en français pour se donner l’occasion de se voir. Et ça devient en fait une activité régulière où les enfants aussi savent qu’il y a une forme de répétition, une activité pérenne.
C’est là qu’on en est, ça balbutie encore un petit peu. Pour en avoir discuté avec l’Institut français, la personne qui en est responsable m’a dit que c’est vrai que vu qu’il n’y a pas encore de structure officielle et qu’il n’y a pas d’école française exactement en Estonie, tout le monde fait un peu du bricolage finalement. Mais c’est ça qui est intéressant aussi, c’est que tout est plus ou moins inventé, chacun a ses méthodes.
Là, il y a un papa qui essaie d’apprendre à son fils à lire en français. Il a six ans. Et moi, ça faisait partie des problématiques qui m’intéressent aussi, puisque je suis ravie que Morgan parle très bien français, mais il est important d’une part, de le maintenir, et d’autre part, de voir comment on peut lui enseigner l’écriture et la lecture en français. L’estonien est extrêmement phonétique, donc c’est très simple. Tout le contraire du français.
Et je me dis qu’à l’avenir, je ne sais pas si je l’encouragerais nécessairement à prendre des cours de français à l’école, dans la mesure où il parlera déjà, et que peut-être que ça ne l’intéressera pas. Mais ce serait dommage de limiter sa capacité à interagir en français à seulement l’oralité, puisque, je ne sais pas moi, pour x ou y raisons, s’il voulait faire ses études en France, mais qu’il ne sache pas écrire le français, ce serait vraiment dommage.
Oui et quand on maîtrise une langue, c’est bien de la maîtriser entièrement.
Oui, voilà. En sachant que le bilinguisme nous fait qu’on ne maîtrise pas toujours tout.
Donc voilà, je sais qu’il y a des cours qui sont dispensés par le CNED pour aider les parents francophones à l’étranger à transmettre la langue à l’écrit. Donc je pense que, je regarde comment Karim se débrouille, et puis après, je ferai peut-être la même chose. Ça dépend des enfants aussi.
Oui, c’est ça. Une méthode va convenir à un enfant, une méthode non. Il faut trouver la bonne méthode. Comme tu dis, il y a le CNED, il y a beaucoup de cours en ligne qui se font maintenant pour apprendre à lire et écrire en français. Mais voilà, il faut que ce soit aussi adapté aux enfants, évidemment, et tous les enfants n’adhèrent pas. Des fois, ils ont besoin vraiment que ce soit en présentiel, justement, pour avoir cette personne avec eux ou d’autres enfants, pour avoir ces interactions.
Et voilà, c’est vraiment chacun différent, il faut trouver la bonne méthode. Et puis trouver la bonne méthode pour la famille aussi. C’est ce que Karim me disait.
Bon, lui, il enseigne le français déjà, mais à des adultes. Donc il a déjà une base pédagogique très forte. Et il me parlait de l’investissement en terme de temps que ça lui demande à lui, en fait, de préparer les cours, de regarder ce qu’il va devoir demander à son fils, de faire, etc.
Et donc, l’engagement que ça demande en terme de temps avec son fils, passer effectivement à essayer d’apprendre le français et à l’écrire. Donc, il faut réussir à concilier ça aussi, ce qui n’est pas inintéressant, mais ce qui réclame du temps, de l’investissement, des efforts.
Voilà. Le bilinguisme, ce n’est pas si simple que de parler… ça demande de la patience aussi.
Oui, de ne pas lâcher l’affaire, en fait. C’est ça, je crois, le nerf de la guerre dans l’enseignement du bilinguisme. De vraiment maintenir sa culture à la maison.
Il ne faut pas lâcher, c’est ça, c’est sans fin. Assurer vraiment une continuité dans l’apprentissage et éviter les coupures et tout ça. Justement, en Estonie, c’est vu comment un enfant bilingue ? Est-ce qu’ils l’acceptent ? Ou au contraire, est-ce que c’est mal vu, peut-être même en fonction des langues ?
L’Estonie est un pays qui est bilingue à la base puisque 30% de la population est russophone. Jusqu’à 2028, je crois, les écoles russophones vont disparaître complètement du système scolaire estonien, mais le bilinguisme est plutôt bien perçu de ce que j’en ai vécu.
Après, c’est toujours intéressant. Quand je vais chercher Morgan a l’école par exemple, il passe directement en français dès qu’il me voit, il me raconte toute sa journée, tout ce qui s’est passé, dans un charabia que les autres enfants ne comprennent pas. Ils me regardent tous avec des yeux gigantesques en se demandant, mais qu’est-ce que c’est ? Ils se posent clairement la question. Les enfants qui sont un petit peu plus vieux me posent directement la question de savoir quelle langue je parle, puisque je crois que la majorité des Estoniens sont toujours habitués à entendre plus ou moins le russe, donc ils sont familiers avec cette langue, mais le français, ça l’est déjà beaucoup moins.
Donc ils me demandent assez régulièrement, mais quelle langue tu parles ? C’est assez drôle. Les adultes, j’ai souvent des retours très positifs qui me disent, oh là là, qu’est-ce que c’est joli, comme langue, etc., comme un peu partout dans le monde. Il y a une aura autour de notre langue qui est assez magique et qui peut être un peu bizarre au départ, et finalement, dans le cadre du bilinguisme, mon fils trouve ça plutôt positif.
Après, il y a des situations dans lesquelles c’est un petit peu bizarre. Par exemple, quand on est au parc et que mon fils fait un peu le mariol ou qu’il se montre un peu désagréable et que je dois le reprendre ou le gronder, etc. Je le dis en français et je vois bien que les gens me regardent et se demandent, probablement, si je ne suis pas en train de dire à mon fils, vas-y, donne-lui un coup de pelle. Plutôt que de lui dire, rend la pelle au petit garçon, je pourrais très bien lui dire, vas-y, garde-la. Et c’est ça qui, parfois, est un petit peu ambigu.
Mais dans l’ensemble, je n’ai jamais eu de problème. Mais c’est vrai que, des fois, j’aimerais parler l’estonien plus couramment pour pouvoir parler moi-même, passer moi-même de l’une à l’autre et dire aux parents à qui je m’adresse… Non, non, mais là, il faut qu’il rende la pelle.
Mais c’est le seul moment où on peut percevoir une certaine… Pas une hostilité, mais disons, un questionnement vis-à-vis de la langue que je parle avec Morgan. Mais très rare, quand même. Il y a un avantage aussi, c’est que quand on se trouve au parc et que j’entends maman, en général, c’est moi. Ça ne peut pas être quelqu’un d’autre. Quand on est en France et que tout d’un coup, mon mari entend mon fils l’appeler, il sait que c’est lui.
Est-ce que tu as eu une ou plusieurs anecdotes de ton fils par rapport à ce bilinguisme ? Est-ce qu’il a dit des fois des choses rigolotes qu’un enfant monolingue n’aurait pas dit ?
Oui, très souvent. Par exemple, il ne va pas connaître le mot en estonien, alors il va le dire en français. Et son père va le comprendre dans le contexte et dans le fait qu’il va dire. Par exemple « Je vais mettre mes chaussettes. » Il va commencer la phrase en estonien et il va dire le mot chaussettes en français parce qu’en estonien, ça lui vient pas tout de suite. Et des fois, c’est moi qui lui dis non mais chaussettes, c’est sokid. Et là, il est ah oui. Et puis, il reprend la phrase ou non. Mais c’est assez rigolo. Il parle une espèce de mélange d’estonien et de français.
Des fois, je dis à son père, il faut que tu lui dises quand tu sais, il faut que tu lui dises le mot en estonien parce qu’à l’école, les gens, ils savent pas de quoi ils parlent en fait. Parce que déjà, dans la famille de mon mari, ils parlent tous une espèce de mélange d’allemand et d’estonien qui est assez compliqué à comprendre, je dois te dire.
Apparemment, c’est très commun dans les familles multilingues de développer une langue de famille comme ça et Morgan est assez expert en la matière. J’ai été très étonnée, c’est qu’à l’âge de 2 ans, un peu plus de 2 ans, il était déjà très au fait du fait que maman et papa ne parlaient pas la même langue. Et il passait de l’un à l’autre et que de lui apprendre les termes français et estonien, il sait très bien de quoi il s’agit et qu’il comprend que c’est un mode de communication qui est séparé.
Et ça, j’étais très étonnée. C’était une assez belle découverte en fait parce que je le savais pas vraiment. J’ai été très étonnée et c’est vrai que c’est toujours intéressant à voir. C’est fascinant. Je me rappelle quand on était habité à New York, on allait tous les ans à la maison de l’Estonie et je voyais donc des petits enfants qui parlaient estonien.
Je trouvais ça absolument fascinant parce que c’est vraiment une langue très différente. Et de voir maintenant mon fils le parler, c’est une autre anecdote que j’avais trouvé vraiment mignonne. On est rentrés en France au mois d’octobre chez mes parents et à un moment, mon père a emmené Morgan faire une balade.
Ils ont vu des vaches, des poules, des trucs comme ça. Et quand mon fils est rentré chez mes parents, moi j’étais partie avec ma mère, donc mon mari était tout seul dans la maison. Mon fils est allé voir son père et lui a expliqué tout ce qu’il avait vu en estonien dans un espèce de petit monologue qui a dû durer bien cinq, six minutes.
Et non-stop, il lui a expliqué ce qu’il avait vu, ce qu’il avait fait avec papy et machin. Et mon père l’a écouté médusé parce qu’il ne s’était jamais vraiment rendu compte qu’il parlait estonien. Parce que maintenant qu’il a trois ans et demi, son vocabulaire est forcément beaucoup plus élaboré.
Mes parents le voient à peu près tous les six mois et toutes les semaines en vidéo. Mais c’est pas la même chose que de le voir en vrai et de le voir s’exprimer et quand mes parents viennent nous voir en Estonie, Morgan interagit avec son père mais ça reste des phrases courtes, des trucs pas hyper élaborés comme « est-ce que tu veux du lait ? ». Alors que là c’était vraiment Morgan qui lui faisait tout un speech sur ce qu’il avait vu et c’était là que mon père, quand on est rentré avec ma mère, il m’a dit « j’ai vu Morgan quand on est rentré de notre balade et tout et il a expliqué à son père tout ce qu’il avait vu et tout et il était vraiment très enthousiaste » et il a dit « mais il a dit tout ça en estonien » et je lui ai dit « ben oui, évidemment ». Mais pour mon père c’était pas du tout évident et je pense que oui en tant que grand-parent aussi c’est assez fascinant de voir son petit enfant parler une langue qu’on ne maîtrise pas du tout. Ça a quelque chose d’un peu magique, c’est un peu de la sorcellerie, c’est très bizarre, c’est un mélange un petit peu étrange.
Je suis très curieuse de voir comment ça va se passer avec notre fille et comment ça peut marcher avec un deuxième enfant. Et comment ça va évoluer pour Morgan parce que pour le moment il a commencé l’école en septembre donc c’est relativement récent aussi. Mais je vois qu’il reste très attaché au français quand même donc c’est déjà bien.
Après il est très bavard aussi comme petit garçon, ça aide aussi je pense parce que les enfants que je vois qui parlent le mieux français dans les cas de familles multilingues, c’est souvent les enfants qui sont les plus bavards.
Merci à Aurélie pour son témoignage et bravo pour ses actions sur le terrain! N’hésitez pas à lui laisser un mot en commentaire!
A bientôt pour un nouvel épisode!


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