#15 Héloïse, le français, notre langue secrète
Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir Héloïse qui vit en Autriche. Elle est maman de deux enfants bilingues qui parlent donc français et allemand.
Bonjour Héloïse ! Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter ?
Bonjour !
Je m’appelle Héloïse, j’ai 38 ans, bientôt. J’habite donc en Autriche près de Linz qui est donc la troisième ville d’Autriche qui est à peu près 250 000 habitants. J’ai deux filles, Mathilda qui a 8 ans et demi, bientôt 9, et Romy qui a 6 ans et demi.
Mon mari est autrichien, on s’est rencontrés il y a 15 ans en Autriche.
Mes filles parlent pareillement le français et l’allemand, je dirais quand même qu’elles ont plus de facilité en allemand.
Elles sont dans le système scolaire autrichien classique. Et en français, elles se débrouillent vraiment bien. Elles ont, je dirais, pas trop de problèmes pour parler.
Quand mes parents, par exemple, sont là ou quand on est en France, je n’ai pas du tout besoin de traduire ou de faire l’interprète. Il n’y a aucun souci de communication. Ma grande, donc, lit déjà beaucoup en français et très bien.
Elle passe des livres en allemand aux livres en français sans aucun problème. Et Romy, qui vient tout juste d’apprendre à lire en allemand, on va commencer à apprendre la lecture en français cet été. Le seul souci du bilinguisme, c’est l’écriture.
Là, on a plus de soucis. Je n’ai pas envie de leur rajouter cette pression, ou du moins cette obligation, en plus déjà du parcours scolaire autrichien. Pour moi, il faut que le français reste quand même un plaisir, que ce soit ludique.
Et pour le moment, je n’ai pas trouvé encore la bonne solution pour l’écriture. Mais on verra. Ça dépend beaucoup des enfants, en plus.
Chaque enfant est différent. Et pour le moment, ils n’ont pas non plus le besoin d’écrire, à part peut-être pour les cartes d’anniversaire qu’elles veulent m’écrire ou peut-être la carte postale d’été faite aux grands-parents.
Mais voilà, on s’adapte.
Comment s’est passée la transmission du français avec tes enfants ?
Alors, à la naissance, ça a été un peu compliqué pour moi parce qu’en fait, je ne me sentais pas très à l’aise de leur parler en français devant des personnes qui ne parlaient pas français.
Donc, j’avais tendance à leur parler en allemand quand on allait à des groupes de jeux. En fait, je suis restée pendant 14 mois à la maison avec chacune de mes filles, ce qui est très courant en Autriche. Et donc, j’allais à des groupes de jeux.
Donc, c’était les mamans qui se retrouvent avec leurs enfants pour chanter des petites chansons, pour jouer ensemble. Et donc, forcément, c’était des mamans autrichiennes. Et c’est vrai que j’avais du mal à parler français, même quand ça s’adressait juste à Mathilda, à la grande, de lui dire, voilà, c’est juste pour toi, je te parle à toi, donc je pourrais te parler en français.
Mais oui, j’avais un peu du mal. Et à la maison, par contre, je lui parlais beaucoup en français. Après, on n’a jamais été très strictes.
Ma grande aimait beaucoup regarder des livres ou écouter des histoires. Et peu importe le livre qu’elle prenait, si c’était un livre en allemand, je lui lisais en allemand. Si c’était un livre en français, je lui lisais en français.
Et pareil pour mon mari, qui se débrouille plutôt bien en français. Si le soir, elle lui apportait un livre en français à lire, il ne disait pas, ah non, c’est en français, je ne lis pas. Donc, on était plutôt flexibles là-dessus.
Ce qui a fait qu’elle a très vite parlé quand même. À l’âge d’un an et demi, deux ans, on pouvait vraiment avoir une vraie discussion avec elle. Elle avait un très bon niveau.
Et souvent, en fait, je lui parlais en français et elle me répondait en allemand. Donc, oui, c’était bizarre. Mais finalement, c’était plutôt pas mal comme solution.
Mais sinon, ensuite, j’ai la deuxième qui est née. Mathilda avait donc deux ans et demi. Là, ça a été assez drôle parce que Romy était plus réactive au français.
Elle a parlé, je dirais, plus vite français que Mathilda. Et on passait beaucoup de temps aussi à la maison. Donc, elle avait tendance quand même à plus maîtriser le français que l’allemand.
Par contre, les filles entre elles parlaient la plupart du temps en allemand. Je pense du fait, après du Kindergarten, de la crèche, où elle passait la plupart du temps avec l’allemand. Et parfois, je me rappelle qu’elle se disait, avant de jouer ensemble, c’est bon, on joue en français ou en allemand.
Donc, elle choisissait la langue de jeu. Et ce qu’on faisait souvent, c’est qu’elles ont commencé à regarder Netflix vers 3-4 ans. Et là, par contre, j’ai quand même essayé de regarder, si c’était possible en tout cas, de choisir le français comme langue à regarder.
Netflix, je pense, pour ça, nous a aussi beaucoup aidé.
Comment est-ce que s’est vu le bilinguisme ? Alors, dans ta région, ton entourage, ta belle famille, le Kindergarten ou l’école ?
Alors, c’était très marrant parce que j’avais eu un formulaire à remplir pour le Kindergarten. Je crois que c’était quand même quelque chose d’assez officiel pour savoir justement le nombre de personnes qui avaient comme langue maternelle l’allemand et justement pouvoir comptabiliser aussi les autres langues maternelles. Et en Autriche, c’est un débat quand même assez présent, on va dire, que beaucoup d’enfants, justement, ne maîtrisent plus l’allemand puisqu’ils n’ont pas l’allemand comme langue maternelle.
Et donc, il n’y avait langue maternelle, il n’y avait qu’une case. Donc, on ne pouvait rentrer qu’une langue. Et donc, moi, j’avais en fait mis les deux dans la case, allemand et français.
Et on était dans un Kindergarten où, en fait, la plupart des enfants n’avaient que l’allemand en langue maternelle. Je pense qu’on était les seuls à avoir une double langue, ce qui ne posait pas de problème plus que ça. Mais pour les éducatrices, c’était vraiment… Ouais, elle m’avait dit « Ah bon, mais elles parlent vraiment aussi bien en français que en allemand. » Et je dis « Ben oui, elles ont à peu près quand même le même niveau, même si l’allemand prime quand même un peu, elles ont le même niveau. »
Là, maintenant, à l’école, on se rend compte où là, on va dire que les familles sont plus mélangées qu’au Kindergarten. Il y a énormément de familles, en fait, qui viennent d’un autre pays.
Donc, dans la classe de mes filles, il y a des enfants qui parlent hongrois, qui parlent tchèque, qui parlent serbe, qui parlent croate. Donc, je dirais que, autant au Kindergarten, on sortait un peu du lot avec le bilinguisme, autant là, maintenant, voilà, je dirais que c’est un peu la normalité. C’est plutôt bien vu, j’aurais envie de dire.
Les Autrichiens nous considèrent comme les bons étrangers. C’est un peu, voilà, toujours le problème. Donc, de ce côté-là, on n’a pas de problème plus que ça.
Les gens sont plutôt curieux de savoir pourquoi on est là et depuis combien de temps.
Est-ce qu’il y a d’autres familles françaises ou francophones vers chez vous ?
Alors, en Haute-Autriche, je crois qu’on est aux alentours de 300 Français ou dans la région de l’Inns. Il y a quelques années, on avait même un groupe de jeux et de musiques en français pour les enfants.
On avait une copine qui était passionnée de musique et qui donc avait proposé de faire un groupe de jeux en français. Donc, on se retrouvait une fois par semaine le samedi matin et c’est vrai que c’était super parce qu’il y avait plusieurs groupes. Donc, en fait, pendant que certains étaient dans le groupe de jeux, les autres avaient le temps de jouer ensemble.
Nous, les mamans, on avait le temps de papoter. Donc, c’était vraiment chouette. Et les enfants, même s’ils étaient tous, en gros, tous bilingues et tous se parlaient aussi allemand, dès qu’ils se retrouvaient, naturellement, ils parlaient en français entre eux.
Donc, ça, c’était vraiment, vraiment sympa. Mais voilà, la copine est partie. Donc, on n’a pas réussi à retrouver quelqu’un.
On a hésité à ce que nous, les mamans, on fasse peut-être chacune à notre tour un groupe de jeux. Mais voilà, après, c’était trop compliqué à organiser. Donc, voilà, on a un peu laissé tomber la chose.
Et puis, l’État autrichien propose, normalement, pour les langues étrangères, s’il y a suffisamment d’inscriptions, il propose des cours, donc dans la langue maternelle. Nous, pour le français, on n’arrive pas à avoir quelqu’un qui fasse ça. L’Institut français d’Autriche participe à une expérience pilote.
Je crois qu’il y a cinq pays en Europe qui participent. Donc, ce sont des cours de français via Visio. Donc, on a dû, en début d’année, inscrire nos enfants en notant leurs niveaux.
Donc, s’ils savaient parler, s’ils comprenaient, s’ils savaient lire, s’ils savaient écrire. Donc, les filles participent une fois par semaine à ces cours en Visio. Donc, ils sont gratuits, ils sont financés par l’État français.
C’est sympa, mais ça a ses limites. C’est-à-dire que, bon, moi, mes filles, elles ne sont pas habituées à regarder la télé, oui, mais à être sur le téléphone ou sur la tablette, non. Donc, c’est vrai que c’est toujours un peu compliqué d’interagir avec la prof, les autres élèves, qui sont eux-mêmes ailleurs.
Enfin, voilà, les filles, bon, là, on a dit on finit l’année, mais les filles ont moyennement accroché, je dirais. Voilà, ça ne remplace pas un cours ensemble, quoi, je pense. C’est intéressant, il y a quand même des choses qui sont mises en place.
Est-ce qu’il y en a d’autres ? Je ne sais pas, est-ce qu’il y a des kindergarten bilingues, des écoles ?
C’est un peu le problème, c’est-à-dire qu’à Vienne, donc la capitale autrichienne, il y a un lycée français. Il y a également, je crois, un kindergarten, une école maternelle bilingue. Mais nous, à Linz, il n’y a rien.
Donc, voilà, on fait un peu avec les moyens du bord. Chacun essaie de trouver un peu les solutions qui marchent pour la famille, pour ses enfants, puisque chaque enfant est aussi un peu différent. Donc, voilà, on s’adapte.
Tu nous as dit tout à l’heure que ta grande-fille a appris à lire en français. Est-ce qu’elle a appris avec toi ou avec l’Institut français ? Comment ça s’est passé ?
Alors, en fait, je lui avais toujours dit que ce n’était pas une obligation. Si ça t’intéresse de lire en français, on pourrait essayer.
J’étais moi-même un peu sceptique, je ne savais pas trop comment j’allais réussir à faire ça. Mais je lui avais toujours dit, j’aimerais bien que tu apprennes d’abord à lire en allemand. Donc, il y a trois ans, elle a commencé l’école primaire en Autriche.
Et donc, je l’ai laissé faire sa première année d’école primaire et puis l’apprentissage de la lecture en allemand. Et bon, on va dire qu’elle s’est plutôt bien débrouillée en allemand. Donc, l’été suivant, je lui ai dit, écoute, est-ce que ça t’intéresse d’apprendre à lire en français ? Donc, j’ai acheté un livre un peu par hasard de la méthode syllabique.
Donc, voilà, on a avec les sons. Et puis, elle était tout de suite très, très motivée. Donc, en fait, je lui ai fait faire, je dirais, deux, trois premières pages un soir.
Et puis, elle m’a dit, ah non, mais demain soir, on recommence. Et quand elle a quelque chose dans la tête, de toute façon, ça fonctionne plutôt bien. Donc, voilà, pendant, je dirais, une quinzaine de jours, tous les soirs, on a appris les différents sons.
Et c’était plutôt bien fait parce qu’on apprenait les sons, puis il y avait des petits exercices de lecture. Donc, on a commencé comme ça. Et puis, je lui ai acheté ensuite des petits livres Samy et Julie.
Je pense que tout le monde les connaît. Et voilà, j’avais trouvé des thèmes sympas, un peu sur la France. Voilà, c’est là qu’elle a découvert qu’à la cantine en France, il y a du pain.
Les petits détails. Elle m’a dit, ah bon, mais ils ont du pain à la cantine. Donc, voilà, elle a appris comme ça.
Et puis ensuite, bon, elle savait déchiffrer en français, mais ce n’était pas non plus son objectif premier. Mais la lecture en allemand, ce n’était pas non plus son truc, même si elle se débrouillait bien. Et en fait, en deuxième classe, donc en CE1, elle a fêté sa première communion.
Et ma grand-mère lui a offert un livre sur l’histoire de France, expliqué pour les enfants d’école primaire. Et c’était un livre de 350 pages, énorme. Et je lui ai dit, Mathilda, voilà, c’est un beau livre.
C’est pour marquer le coup. Mais bon, on pourra le lire ensemble, lire des petits passages. Même moi, je ne m’attendais pas à plus que ça.
Et en fait, elle s’est dit, ah non, mais je vais lire. Donc, elle a commencé, je pense en deux mois. Elle a lu le livre.
Alors au départ, j’étais très sceptique. Je dis, mais tu comprends tout. Alors après, elle m’a quand même avoué que les premières pages, elle avait eu un peu du mal.
Mais elle a vraiment persévéré. Et donc, elle a fini par lire le livre. Et en fait, je ne sais pas pourquoi, en lisant ce livre, elle s’est découverte une passion pour la lecture.
Donc, aussi bien en allemand qu’en français. Et elle lit maintenant. Elle passe des heures entières à lire.
Son plus grand plaisir, c’est d’aller à la bibliothèque, prendre des livres. Voilà. Donc, ça a marché.
Donc, voilà, la petite, du coup, qui vient de commencer à lire, elle n’attend qu’une chose. C’est de pouvoir lire tous les livres de sa sœur.
Donc, elle s’est dit, tiens, si ma grande sœur lit beaucoup, c’est qu’il y a sûrement un truc cool. Donc, elle aussi très motivée.
En allemand, elle a un super niveau déjà. Donc, voilà, je lui ai dit que cet été, on apprendrait en français. Voilà, à voir comment ça va se dérouler.
Si elle est aussi très motivée pour apprendre en français, elle commence déjà un peu à déchiffrer en français. C’est super quand ça se passe comme ça, entre guillemets, facile et que les enfants apprennent facilement et volontiers. Parce que c’est loin d’être le cas, surtout de la lecture, où il y a beaucoup d’enfants, même dans leur première langue maternelle, ils ont moyennement envie.
Mais bon, ils sont obligés de passer par là parce que c’est l’école. Donc, en français, c’est souvent un très gros débat chez les familles multilingues. Non, j’étais super contente, super étonnée.
Moi-même, j’ai énormément lu quand j’étais petite. Je suis contente qu’elles prennent le relais.
Qu’est-ce qu’elles en pensent, tes filles, de ce fait d’être bilingues, de parler deux langues différentes ?
Alors, elles, elles adorent.
C’est très, très drôle parce qu’en fait, maintenant, on a tendance quand même à beaucoup parler allemand. Pour elles, c’est très compliqué de vivre leur journée en allemand, à l’école, leurs copains en allemand. Et en fait, le soir, une fois que je les récupère de l’école, retourner vers le français, pour elles, ce n’est pas naturel du tout.
Donc, elles ont, elles parlaient beaucoup en allemand le soir. Et moi, pareil, avec le temps, ça fait donc 17 ans cette année que je suis arrivée en Autriche. Et pareil, moi, je travaille pour une entreprise qui fait de la bière.
Donc, en fait, on est un marché quand même très local. Donc, même si on a une grande entreprise internationale, on appartient à un grand groupe international. Mon travail est essentiellement en allemand.
Avec mes collègues, séparer la communication se fait en allemand. Mon mari et moi, entre nous, on parle allemand parce qu’on a toujours parlé en allemand. Donc, en fait, maintenant, le soir, on parle principalement en allemand.
Il y a peu de français. Et du coup, c’est un peu compliqué ensuite de revenir au français le soir. Donc, le français, en fait, c’est un peu notre langue secrète au quotidien.
Donc, par exemple, si on est de sortie, si elles ont envie de me dire un truc un peu secret, elles vont utiliser le français parce qu’elles savent que les gens autour ne vont pas comprendre. Et pareil, quand on est en France, souvent, voilà, elles ont tendance à parler en allemand. Pour elles, c’est normal, quoi.
Après, elles voient aussi avec leurs copains à l’école que finalement, chacun a sa langue. Donc, le seul truc quand même qu’elles m’ont dit, c’est « Ah, mais toi, quand même, tu parles mieux allemand que les mamans des copains ou les papas des copains qui parlent allemand en langue maternelle. » Mais pour elles, je dirais que c’est normal.
Est-ce qu’il y a un dialecte ? Que tes filles vont peut-être comprendre, peut-être pas forcément parler ?
Alors, c’est très drôle parce que Mathilda, on a l’impression qu’elle est comme une éponge, quoi. Elle absorbe tout et elle retransmet tout.
Donc, en fait, à la maison, mon mari, il parle donc le dialecte. Ici, on a un dialecte, surtout dans la région autour de Linz où on vit. Nous, il y a un dialecte très fort.
C’est de l’allemand, mais qui se prononce et qui s’écrit aussi différemment. Alors, on l’écrit peu, mais les gens, en fait, au quotidien, parlent qu’en dialecte. Pour eux, c’est très compliqué de parler de l’allemand standard.
Donc, moi, je le comprends, par exemple, mais je ne le parle pas. Pour moi, c’est imprononçable. Et donc, au départ, j’avais du mal à le comprendre.
Par exemple, mes beaux-parents, j’ai toujours du mal à les comprendre. Bon, ils ne font pas d’efforts non plus pour parler l’allemand standard, mais avec eux, je ne sais pas, j’ai du mal à comprendre ce qu’ils racontent. Les gens dans la rue, comme ça, ça va.
Et du coup, Mathilda a très vite pris le pli. Donc, en fait, à la maison, elle va parler l’allemand standard parce que mon mari parle l’allemand standard et moi aussi. Et à l’école, les profs, comme ses copains, parlent en dialecte.
Donc, elle parle dialecte. Et par exemple, Romy, elle est totalement réfractaire à ce dialecte. Donc, elle, elle parle de l’allemand standard dans tous les cas de figure.
Elle va juste parler en dialecte de temps en temps parce que ça l’amuse, parce qu’elle trouve ça bizarre. Mais elle, par contre, non, c’est l’allemand standard. Bon, c’est déjà bien qu’elle parle l’allemand standard.
Et je dirais que c’est quand même un avantage parce que c’était Mathilda qui me racontait qu’à l’école, il y a des enfants qui parlent que le dialecte et qu’en fait, pendant les cours d’allemand, ils doivent écrire quand même en allemand standard et que beaucoup, du fait d’une prononciation différente, ont du mal ensuite à écrire les mots dans l’allemand écrit. Donc, pour elle, c’est aussi un avantage d’avoir justement l’allemand standard et le dialecte. Elle arrive quand même à faire la différence entre les deux.
Est-ce que tu as des anecdotes de tes deux filles sur le bilinguisme?
Alors, elles font, je dirais, pas trop de fautes. Elles se débrouillent plutôt bien. Il y a juste, et ça, c’est une anecdote qui nous est restée.
Il y a un soir, ma fille, au lieu de me dire bonne nuit, elle m’a dit bonne chance. Ça lui est sorti comme ça. Et donc maintenant, voilà, c’est resté.
Le soir, au lieu de me dire bonne nuit, elle me dit toujours bonne chance. Faut pas être superstitieux. Ouais, voilà.
Et l’autre, c’était tout au début. On commençait à prendre la lecture. Mathilda, elle lisait un peu des mots français comme ça et au lieu de me dire bonjour, elle m’a dit bonjour.
Et donc, voilà, c’est un peu resté aussi, de temps en temps. On est là, bonjour, au lieu de dire bonjour. Mais dans l’ensemble, elles ont parfois des tournures de phrases qui sont un peu bizarres, mais elles ont pas trop d’accent.
J’ai demandé quand même à ma famille, à mes parents, s’ils sentaient qu’il y avait vraiment un accent assez prononcé quand elles parlent et ils m’ont dit non. En fait, si on sait pas qu’elles sont bilingues, ça s’entend pas.
Merci à Héloïse pour son témoignage! N’hésitez pas à lui laisser un mot en commentaire!
A bientôt pour un nouvel épisode!


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