#8 Morgane, professeure de yoga dans une association FLAM

Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir Morgane qui s’est expatriée il y a de cela un peu plus de deux ans en Suède avec son mari et ses deux enfants. Bonjour Morgane ! Est-ce que tu peux te présenter ?

Bonjour ! Je m’appelle Morgane, j’ai pour l’instant encore 32 ans. Je suis Française. Il y a encore presque trois ans, j’habitais dans le sud de la France. Je suis mariée, j’ai deux enfants, une fille de 5 ans et un petit garçon de presque 3 ans.

Je suis expatriée en Suède depuis août 2022. Je suis professeure de yoga, je donne des cours en ligne. J’en donne peu parce que pour l’instant j’ai deux enfants en bas âge.

Je profite surtout de ma vie de famille et de mettre les choses en place après l’expatriation. Après, je reprendrai ma vie professionnelle.

Comment se passe le maintien du français avec tes enfants, qui sont nés en France et qui se sont expatriés avec vous?

Ils se sont expatriés petits, ma grande avait trois ans quand on a déménagé. Elle parlait déjà français. Et mon tout petit n’avait même pas six mois, donc il ne parlait pas.

À la maison, on leur parle français puisqu’on ne parle pas encore suédois. Donc, on leur parle quasiment qu’en français. Je dis quasiment puisque maintenant, ils parlent un petit peu suédois ensemble. Donc, de temps en temps, ils aiment bien nous parler en suédois.

Ma famille et la famille de mon mari aussi parlent en français, quand ils viennent ici. On retourne aussi régulièrement en France, au minimum une à deux fois par an. Parce qu’il y a encore nos grands-parents à nous. Donc, les arrières-grands-parents de mes enfants. Et donc, c’est important qu’ils les voient pour nous encore un petit peu.

On leur lit des livres en français. Ils lisent beaucoup de livres.

Et on fait partie d’une association en Suède, qui réunit des familles francophones. Toutes les semaines, à peu près, on voit nos petits copains francophones avec l’association. Ça permet de faire des activités, d’avoir des copains aussi qui parlent la même langue. De faire des activités en français. Et donc, de continuer à garder ce lien un petit peu avec notre culture et surtout, avec la langue, pour continuer à la parler, à l’écrire.

Pour l’instant, ils sont petits. Mais on va commencer à donner des cours de français dans l’association. Pour qu’ils puissent notamment apprendre à lire et à écrire en français.

On s’est rendu compte que c’était différent pour nos enfants, qui commençaient à apprendre à lire et à écrire. Quand ils lisent des mots en français, ils les lisent avec la prononciation suédoise. Donc, souvent, ça ne veut pas dire la même chose.

Est-ce que tu peux nous présenter justement ce qu’est une association FLAM? Et nous décrire ce que vous faites dans ces activités chaque semaine ?

Association FLAM, ça veut dire français langue maternelle. C’est une association française. Nous, on est basé dans le sud de la Suède, dans la Scanie. Ce qu’on appelle la Scanie, c’est aux alentours de Malmö.

L’association a été créée, il me semble, il y a deux ans déjà. L’année dernière, c’était la première année effective où il y a eu des activités. Je n’y étais pas encore. Je viens d’arriver fin 2024.

C’était donc trois familles qui ont créé l’association pour commencer à faire des activités. Et donc, nous en avons fait quelques-unes un petit peu pour commencer à créer du lien, parler un peu, faire du bouche-à-oreille, parce qu’il y a quand même une grosse communauté de français, notamment aux alentours de Malmö. Et cette année, en termes d’année scolaire, je vais dire septembre 2024 jusque là 2025, on fait plusieurs activités.

On a deux groupes. On a un groupe de deux/trois à six ans. En fait, on accepte aussi les bébés, évidemment, mais qui ne sont pas vraiment inscrits. Et le deuxième groupe, c’est sept-douze ans environ.

Moi, je suis surtout sur le groupe des petits pour l’instant, puisque je n’ai pas de grands. On fait des réunions maintenant toutes les semaines. Au début, on en avait deux par mois. Maintenant, on en a tous les samedis. On fait de dix heures à midi le samedi.

On fait une présentation de la journée. On dit le jour de la semaine. On dit la date. On essaye de faire participer les enfants. On leur fait un appel.

Souvent, on commence par lire un livre. On peut aussi chanter des chansons.

On fait toujours une petite activité manuelle adaptée pour les petits. Et on a toujours, en même temps que l’activité manuelle, des jeux qu’on peut faire. Donc, on fait plusieurs espaces de jeux pour que, justement, les plus petits puissent jouer, parce qu’ils décrochent vite en général de l’activité.

Les deux de trois ans, ils sont très peu concentrés. Donc, ils font vite l’activité. Et ensuite, ils vont passer sur des jeux.

On est dans une bibliothèque qui est réservée pour nous, ça c’est deux rendez-vous par mois.

Et après, les deux autres rendez-vous, on a une activité que je donne moi, puisque je suis prestataire dans cette association. En tant que professeur de yoga, je leur fais un petit cours de yoga.

C’est pareil, ils ont toujours la possibilité de quitter le cours, de revenir. Ça bouge un petit peu. Mais c’est vrai qu’on a quand même un bon groupe qui est bien concentré.

Et puis, c’est vrai qu’ils aiment bien bouger, les enfants. Ça leur permet de faire une activité où on parle de toutes les parties du corps, des mouvements. On parle beaucoup des animaux, parce que c’est vrai que pour les intéresser au yoga, souvent, à cet âge-là, je crée une histoire.

Et dans cette histoire, je leur fais passer d’un animal à l’autre qu’on va rencontrer et qu’on va bouger avec pour arriver à un certain but. Et le dernier samedi du mois, on fait une activité manuelle avec une personne qui est professionnelle et qui nous fait faire une vraie activité. On a lancé cette activité en 2025.

On a fait la première il y a 15 jours. Et toujours pareil, on lit une histoire. En fait, le premier rituel de la journée, c’est toujours de se présenter, de faire l’appel, de compter les enfants, de lire notre petite histoire.

Et après, par rapport à ça, on tisse le reste de l’activité, si c’est le yoga ou si c’est l’activité manuelle. On fait aussi des jeux. On essaye de garder des jeux, notamment en français.

Moi, je leur fais faire des parcours. Je les fais jouer à cache-cache. Les petits aiment bien.

Et puis, ça fédère un peu le groupe. C’est vrai que jouer ensemble, ça leur permet tout de suite pas forcément d’être amis, mais de se dire OK, je reconnais un petit peu des visages. Et du coup, ça permet de jouer ensemble et de commencer à discuter ensemble aussi.

Elle est très sympa, cette association. Et on est de plus en plus nombreux. Ça marche bien. Donc, c’est cool.

C’est un bon groupe. Oui, du coup, est-ce qu’il y a… Alors, tu dis ça marche, mais il y a beaucoup de familles françaises, francophones, en fait, dans cette région. On est nombreux, oui, apparemment, à Malmeux, aux alentours de Malmeux.

On est assez nombreux. Il y a une personne, je n’ai pas vérifié le chiffre, mais il paraît qu’on serait entre 3 000 à 4 000 Français dans la région de Scanie. Oui, ça fait beaucoup.

Après, on a des familles comme nous, françaises. Donc, je vais dire, avec deux parents français qui se sont expatriés en Suède. Et on a aussi souvent, du coup, un conjoint français, un conjoint suédois.

Et du coup, pour permettre de parler français, vu qu’ils parlent déjà suédois à l’école. Du coup, on a aussi ces familles francophones. On a d’autres familles, d’ailleurs.

On a une maman, je crois, qui est canadienne. On a plusieurs personnes de plusieurs endroits qui ont toujours un conjoint français, ou en tout cas, un conjoint qui parle français. Et du coup, c’est pour ça que je dis plutôt des familles francophones plutôt que des familles françaises, puisqu’il y a un peu de tous les horizons.

Et c’est ça qui est sympa aussi, de pouvoir partager un peu sur notre culture, notamment avec les mamans, les papas suédois. C’est vrai qu’on n’a pas forcément les mêmes cultures, mais ça nous permet à ce moment-là de se rejoindre et de pouvoir, voilà, en parlant français ou anglais, puisque des fois, il y a des difficultés. Alors, on fait le lien en anglais, vu qu’ici, tout le monde parle anglais.

Mais ouais, pas mal de familles et un très bon groupe.

Est-ce qu’il y a d’autres actions locales ? Par exemple des écoles où les enfants vont pouvoir apprendre le français un peu plus que des Suédois ? Ou d’autres groupes qui se font ?

Alors, les écoles, je ne pense pas. En tout cas, ça ne me parle pas.

Par contre, je sais qu’en Suède, il y a un programme, à partir du moment, je crois, où il y a cinq enfants dans l’école qui parlent la même langue, la commune organise un groupe pour donner un cours de langue maternelle, pour leur permettre de garder leur langue. Je n’y suis pas encore, parce que ma petite, elle est encore trop petite, et parce qu’en plus, nous, on n’est pas dans Malmö, on est plus loin de la ville, on est dans un village, presque. Donc, nous, pour le coup, les deux seuls Français, c’est les nôtres.

Donc, je ne suis pas sûre qu’il y ait ce cours de français qui soit mis en place, mais en tout cas, j’en ai entendu parler, qu’il fallait s’inscrire et qu’à partir de cinq personnes de la même langue, ils organisaient un groupe pour permettre de parler cette langue.

Et après. On a l’association FLAM, mais je n’en ai pas entendu trop parler d’autres. Après, moi, je ne suis là que depuis la trois ans cette année.

Comment est vu le bilinguisme ? Visiblement, c’est très bien vu, puisque s’ils disent à partir de cinq enfants d’une langue, il y a des cours de cette langue maternelle.

Donc, je suppose que c’est bien vu d’être bilingue ou multilingue en Suède?

Alors déjà, il faut savoir qu’en Suède, ils sont tous minimum bilingues. Même les plus vieux que tu peux croiser, ils vont toujours te dire « Désolée, mon anglais n’est pas bon. » Et ils ont un anglais. Moi, mon anglais est très mauvais, je le sais. Mais eux, ils ont un anglais.

Quand ils me disent que leur anglais n’est pas bon, je me dis « Non, ça, ce n’est pas bon. » Après, c’est vrai que c’est facilité par rapport à la France. En Suède, les films ne sont pas traduits.

Nous, en France, tout est traduit. On va dans un magasin, les livres sont traduits, les films, tout a été traduit en français.

Tandis qu’en Suède, par exemple, au cinéma, le film est en version originale et on a les sous-titres en suédois. Donc, à part les dessins animés pour enfants à la télé qui, eux, sont traduits. Mais à partir d’un certain âge, les personnes ont directement accès à des œuvres originales, notamment en anglais.

Et donc, ça aide beaucoup, en fait, à développer cette langue-là. Donc, déjà, les Suédois sont tous bilingues. Enfin, pour moi, vraiment, je peux dire qu’ils sont bilingues.

Ils ont un très bon anglais. Et c’est vrai que ça facilite déjà notre intégration à nous, personnellement. Après, au niveau du français, c’est pas mal vu.

Je pense que c’est bien vu, en fait, de venir d’ailleurs. Les Suédois,  je les trouve pour ma part, très ouverts et très accueillants. Ils sont contents de nous rencontrer.

Ils sont contents de nous voir arriver là et de se dire, comment vous êtes arrivés là ? Quel est le chemin ? Est-ce que vous venez souvent ? On nous dit, c’est pour le travail. Donc, nous, c’était pour d’autres raisons, mais ils sont contents de nous rencontrer. Et après, ils ont toujours ce trait de caractère qui nous fait rire.

Au début, quand on arrivait, quand on rencontrait des personnes, elles nous demandaient toujours si on aimait la Suède. Et après, elles nous disaient, maintenant, il va falloir apprendre le suédois. Donc, ils sont très ouverts, mais ils ont aussi envie qu’on s’intègre à leur culture, à leur langue, pour faciliter les échanges.

Après, vraiment, tous les échanges sont faits en anglais. Donc, c’est vrai que pour le français, pour nous, c’est bien d’avoir une communauté, quand même, pour garder notre langue.

Mais en tout cas, ils sont assez ouverts sur l’idée d’avoir d’autres cultures et d’autres langues. Nous, en l’occurrence, on est français, mais je sais que dans le travail de mon mari, il y a plein d’autres personnes. Il y a des Polonais, il y a des Tchèques.

Enfin, vraiment, ils viennent un peu de tous les horizons. Ce qui les lie, c’est surtout l’anglais au niveau du travail.

Est-ce que tu as des conseils pour les familles qui vont s’expatrier avec des enfants, comme toi, dont les enfants sont nés dans le pays francophone et donc qui vont partir à l’étranger pour maintenir, justement, ce lien avec le français, avec la culture aussi ?

Mon mari avait directement un travail dès le premier jour. Et moi, je me suis retrouvée avec les enfants. J’étais assez isolée par rapport à mon mari. Et du coup, la première chose que j’ai faite, que j’ai trouvée utile et qui a très bien fonctionné, ça a été d’aller sur des groupes, sur les réseaux sociaux, de trouver des groupes en fonction du pays où on va, évidemment, des groupes de francophones. Déjà, parce que ça nous permet d’avoir plein d’infos sur l’expatriation, sur les démarches à faire, notamment administratives.

Ça nous permet d’avoir plein de conseils. Et ça m’a aussi permis de trouver, notamment, mon premier groupe de mamans francophones. Donc, c’était ce qu’on appelait à l’époque le Club Poussette.

C’était donc des mamans avec des bébés en congé maternité ou congé parental. En Suède, du coup, le congé parental est très long et bien divisé pour les parents. Donc, en l’occurrence, là, c’était les mamans, mais après, on a ajouté aussi les papas.

Et donc, ce groupe m’a permis de me faire un premier groupe d’amis, francophones, mais en plus, dans la même situation que moi. Donc, mamans avec des jeunes enfants pour permettre de se retrouver, de boire un café, d’avoir un groupe de discussion. Et c’est vrai que dès le départ, je pense que ça a été… Mon expatriation a été facilitée par ça, d’avoir une base de personnes francophones, une base de personnes avec plus ou moins la même histoire.

Parce que c’est vrai que le fait de parler anglais, finalement, on se rend compte que même si on parle anglais aussi, on n’a pas toutes les subtilités.

Donc, avoir des personnes avec qui, vraiment, on sait qu’on s’est très bien compris, c’est vrai que ça aide et ça fait du bien. Donc, je pense que ce seraient mes deux conseils. Vraiment, avant de partir, commencer à créer du lien, commencer à trouver les infos, commencer à trouver des personnes dans la région et tout ça.

Et ensuite, les rencontrer de temps en temps, ne serait-ce qu’une fois par mois, ça fait du bien aussi de ne pas perdre le lien social. Je pense que c’est ça qui est un petit peu dur quand on s’expatrie. Au début, on n’a plus notre famille, on n’a plus nos repères, il y a tout qui change.

Et avoir, ne serait-ce que cette base-là, déjà, ça fait du bien et ça nous fait nous dire OK, on est bien, on est installés, on a fait nos démarches administratives et on n’est pas tout seul. C’est pas nos meilleurs amis, c’est pas notre famille, mais on a quand même ce lien commun et ça fait du bien. Et ça permet de continuer et de ne pas se décourager au début.

Ça peut être difficile, je pense, une expatriation. Surtout avec des enfants.

Et c’est vrai, même là, je parle surtout en tant qu’adulte, mais pour les enfants, c’est vrai que ma petite, quand elle est arrivée, elle était un petit peu à la crèche en France avant de partir. Et quand on est arrivé en Suède, quand on a commencé à aller au parc et tout ça, elle s’est vite rendue compte qu’elle ne comprenait pas les autres enfants. Et elle est assez sociable et du coup, elle allait beaucoup vers eux et elle ne comprenait pas pourquoi il y avait à un moment cette barrière-là qu’ils ne se comprenaient pas, ils se regardaient un peu.

Et moi, je n’étais pas en capacité de l’aider parce que je ne parlais pas un mot de suédois et c’est des enfants donc je ne pouvais pas leur dire en anglais non plus. Et donc, dès la première semaine où on est arrivés, on a rencontrés les familles francophones et je pense que ça a fait du bien à ma fille de se dire OK, on n’est pas non plus complètement dépaysé, il y a des gens que je comprends et il y a des enfants avec qui je peux jouer et qui me comprennent et voilà, et ça va le faire.

Et ça a été plus facile aussi après de lui expliquer qu’il y avait nos amis francophones avec qui on pouvait parler et qui nous comprenaient et il y avait les amis qu’on allait se faire à l’école et qu’elle allait apprendre la langue et que ça allait aller. Et ça lui a gardé aussi cette base un peu sociale aussi de se dire OK, ça ne va pas être tous les jours facile parce que je vais apprendre mais j’ai quand même des amis avec qui je peux jouer et avec qui je peux parler, quoi.

Comment ça s’est passé pour ta fille, cette intégration ? Est-ce qu’elle a rapidement appris le suédois ? Est-ce qu’elle a pu aller déjà dans une collectivité ?

Ma fille est allée à la Forskola.

Le système est un petit différent. L’école en Suède n’est pas obligatoire jusqu’à 7 ans, il me semble.

Donc, il y a un an de décalage. En France, on rentre l’année de nos 6 ans en primaire. En Suède, ils rentrent à 7 ans mais l’année des 6 ans, ils font une classe qu’on pourrait appeler une classe préparatoire où là, ils vont apprendre à être dans une classe avec d’autres enfants, donc à être assis, à des tables, à faire des activités plus précises, apprendre à lire, apprendre à écrire avec un système plus scolaire, je dirais, avec un programme.

Avant ça, c’est pas obligatoire. Donc, c’est la Forskola. C’est de 1 an à l’année des 6 ans.

Et donc, ma fille est rentrée dans une toute petite Forskola où ils étaient en tout 30. Ils étaient divisés en deux groupes, il me semble. Les petits de 1 à 3 ans, et après, le groupe de 4 à l’année des 6 ans. Elle avait une super pédagogue qui dès le début, c’était un peu la pédagogue désignée, c’est celle qui nous a permis de nous intégrer, qui nous a expliqué le fonctionnement de la Forskola et tout ça.

Après, c’est aussi facilité en Suède puisque on a une intégration qui est très longue, qui est bien, mais qui est plus longue. J’ai pu rester presque 3 semaines avec ma fille. J’avais mon fils aussi qui était en poussette qui faisait sa sieste et j’avais ma fille.

La première semaine, je suis vraiment restée avec elle du début à la fin. Donc, j’ai fait les activités avec elle, j’ai mangé avec elle à la cantine, on a été à la sieste. Enfin, j’ai vraiment participé à sa vie dans ses premiers jours à l’école et après, je me suis mis un petit peu en retrait.

Elle avait du mal avec la barrière de la langue à s’intégrer donc, c’était difficile pour moi de la laisser, difficile aussi pour elle de me voir partir et de ne pas comprendre. Mais elle avait cette super pédagogue qui était avec elle. C’était devenu presque la meilleure amie. Le copier-coller, elle restait avec elle tout le long.

Elle lui parlait en suédois mais elle l’aidait à s’intégrer. C’était elle qui l’amenait vers d’autres groupes, qui l’amenait au toboggan, qui l’amenait au balançoire, qui l’amenait faire des activités avec les autres enfants et moi, j’ai pu me mettre un peu en retrait. J’étais dans l’école, j’étais dans la cour avec elle mais je m’occupais surtout de mon fils.

Je lui montrais que j’étais là mais que je ne m’occupais pas d’elle, qu’elle pouvait être en sécurité. On ne lui parlait que suédois et donc, c’est comme ça qu’elle a appris le suédois. Aujourd’hui, ça fait deux ans maintenant qu’elle y est et elle a des meilleurs amis, elle leur parle en suédois. Maintenant, je la laisse à l’entrée de la porte, c’est à peine si je peux lui enlever ses chaussures et son manteau qu’elle me dit je me débrouille et elle n’a plus aucune crainte par rapport à ça.

Est-ce que tu as eu une ou plusieurs anecdotes sur le bilinguisme alors de tes enfants?

Pour mon fils qui est plus petit, lui, il a vraiment appris le suédois en apprenant à parler puisqu’il est rentré, du coup, à la Forskola, il avait un an à peu près donc il a appris en même temps les deux. Et c’est marrant parce que mon fils, lui, pour le coup, il ne se pose pas de questions. Il va leur parler en français, il va leur parler en suédois, il va mélanger. Des fois, c’est vrai que j’aime bien regarder quand je vais le chercher me mettre dans un coin et le regarder parler et il va parler la langue qui lui vient en premier.

Ma fille, ma fille, elle est marrante parce que, du coup, elle parle français et suédois. Il y a encore des mots qu’elle ne sait pas dire ou, du coup, qu’elle ne dit pas. En fait, elle essaye de détourner et d’expliquer autrement et ce qui est rigolo, c’est qu’elle ne sait pas traduire en direct dans sa tête.

Donc, elle peut nous parler français sans problème. Elle peut parler en suédois quand elle a la Forksola sans problème. Mais si nous, en tant que français, on lui donne une phrase à traduire, par exemple, on lui dit comment tu dis, comment tu t’appelles, elle nous dit ça je ne sais pas le dire.

Alors qu’on sait qu’elle sait le dire puisqu’on l’a déjà vu à l’école, on l’a déjà vu avec des copains suédois ou au parc. Elle l’a déjà demandé en direct mais le lien se fait différemment. La traduction ne se fait pas, elle ne peut pas traduire une phrase du français au suédois. Elle sait le dire en français, elle sait le dire en suédois mais elle ne peut pas assembler les deux.

On a demandé aussi à l’école si elle parlait, si elle participait et tout et il n’y a aucun problème d’intégration et de langage. Elle a un langage qui est moins développé, j’imagine, elle a moins de vocabulaire que ses copines au même âge mais voilà, elle fait vraiment la distinction entre le français et le suédois et entre les deux, il n’y a pas de traduction possible. Elle pense qu’elle ne peut pas traduire, c’est juste que ça ne se fait pas pour l’instant, en tout cas, ça ne se fait pas naturellement.

Merci à Morgane pour son témoignage riche d’informations! N’hésitez pas à lui laisser un mot en commentaire!
A bientôt pour un nouvel épisode!
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