Enfants bilingues français-allemand : le témoignage de Leïla
Comment transmettre le français à ses enfants lorsqu’on vit à l’étranger ? Comment les aider à grandir avec deux langues, à exprimer leurs émotions et à trouver leur place dans leur environnement ? Et faut-il absolument leur apprendre à lire et à écrire en français dès leur plus jeune âge ?
Dans cet épisode du podcast 1, 2, 3 français, j’accueille Leïla, une maman française installée en Allemagne depuis 15 ans. Avec son mari, également français, elle élève ses trois enfants, nés en Allemagne, entre le français parlé à la maison et l’allemand, langue de leur quotidien à l’école et dans leur environnement.
Son témoignage nous rappelle une chose essentielle : élever des enfants bilingues ne consiste pas seulement à leur transmettre deux langues. C’est aussi les accompagner dans leurs émotions, respecter leur rythme et leur permettre de se sentir bien dans leurs deux cultures.
1. Élever des enfants bilingues à l’étranger : trouver un équilibre entre deux langues
Pour Leïla et son mari, l’objectif a toujours été clair : leurs enfants devaient être à l’aise aussi bien en français qu’en allemand.
Installée dans un petit village du nord de la Bavière, la famille a fait le choix de parler exclusivement français à la maison. L’allemand, quant à lui, était présent au quotidien au Kindergarten, l’école maternelle allemande.
Pour favoriser l’intégration de leurs enfants, les parents ont choisi de les accueillir en crèche dès l’âge de 12 mois, afin qu’ils puissent passer une partie importante de leurs journées dans un environnement germanophone.
Cette décision reposait sur une conviction : grandir avec deux langues doit être une richesse, mais les enfants doivent aussi pouvoir s’intégrer sereinement dans leur pays de résidence.
Parler français à la maison, sans exclure les autres
Le français est la langue familiale de Leïla. Pourtant, une règle importante s’applique lorsque des amis allemands viennent leur rendre visite : tout le monde passe à l’allemand, y compris les parents entre eux.
Pourquoi ? Pour que personne ne se sente exclu d’une conversation.
Cette attention portée aux autres est aussi une manière de transmettre des valeurs à leurs enfants. Le bilinguisme ne se vit pas en opposition à une langue ou à une culture : il s’inscrit dans une volonté de communiquer, de partager et de créer du lien.
Le conseil à retenir : il est possible de maintenir le français comme langue familiale tout en donnant une place importante à la langue du pays d’accueil. Les deux objectifs peuvent parfaitement coexister.
2. Bilinguisme et émotions : pourquoi les enfants ont parfois besoin de temps pour raconter leur journée
C’est l’un des passages les plus marquants du témoignage de Leïla.
Lorsqu’elle allait chercher sa fille Amina au Kindergarten, alors âgée de deux ans et demi, les retrouvailles se passaient souvent difficilement. Une fois à la maison, sa fille semblait frustrée, s’énervait facilement et avait du mal à entrer dans une activité.
Leïla a d’abord cherché des explications : était-ce lié à sa grossesse ? À la fatigue ? À un besoin d’attention ?
Puis elle a compris que quelque chose de beaucoup plus simple pouvait expliquer la situation.
Après avoir passé toute sa journée en allemand, sa fille retrouvait sa maman, qui lui posait immédiatement une série de questions en français :
- Comment s’est passée ta journée ?
- Est-ce que tu as bien mangé ?
- Est-ce que tu as joué avec tes copines ?
- Est-ce que tu as fait de beaux dessins ?
Pour Amina, il fallait alors changer de langue, retrouver les mots français correspondant à des événements vécus en allemand et raconter sa journée dans une autre langue. Une tâche qui pouvait lui demander beaucoup d’énergie.
Leïla a décidé de changer d’approche. Au lieu de questionner immédiatement sa fille, elle l’a laissée retrouver son rythme, jouer tranquillement et venir vers elle lorsqu’elle en ressentait le besoin.
Peu à peu, les retrouvailles sont devenues plus sereines.
Laisser à l’enfant le temps de passer d’une langue à l’autre
Cette expérience a permis à Leïla de prendre conscience de l’effort que pouvait représenter le passage d’une langue à une autre pour un jeune enfant.
Et cette réalité ne disparaît pas nécessairement avec l’âge. À 11 ans, Amina peut encore commencer à raconter un événement en français, puis choisir de poursuivre en allemand lorsqu’elle se rend compte que les mots lui manquent.
Cela ne signifie pas qu’elle ne sait pas parler français. Il lui est simplement parfois plus facile de raconter une expérience dans la langue dans laquelle elle l’a vécue.
Pour les parents d’enfants bilingues, cette observation invite à prendre du recul : un enfant peut comprendre une langue et la parler au quotidien tout en ayant besoin de davantage de temps ou de vocabulaire pour exprimer une expérience complexe dans cette langue.
Comment faciliter les transitions linguistiques ?
Voici quelques pistes inspirées du témoignage de Leïla :
- Accorder à l’enfant un temps calme après l’école ou le Kindergarten.
- Éviter de multiplier les questions dès les retrouvailles.
- Le laisser raconter spontanément ce qu’il souhaite partager.
- Accueillir les mots dans l’autre langue sans en faire un problème.
- Proposer un moment de lecture, un jeu ou un câlin lorsque l’enfant en a envie.
L’idée n’est pas de renoncer au français, mais de créer les conditions dans lesquelles l’enfant pourra l’utiliser avec plaisir et sans pression.
3. Aider son enfant bilingue à exprimer ses émotions
Apprendre à reconnaître et à exprimer ses émotions est déjà un apprentissage important pour un enfant. Lorsqu’il grandit avec deux langues, il peut aussi rencontrer des difficultés pour trouver les mots justes dans chacune d’elles.
Leïla raconte notamment que son fils avait parfois de grandes difficultés à gérer sa colère et sa frustration. Ces moments pouvaient se traduire par des crises intenses, à la maison comme au Kindergarten.
Avec l’équipe pédagogique, elle s’est interrogée sur l’origine de ces difficultés. S’agissait-il d’un manque de vocabulaire ou d’une difficulté à identifier et à exprimer ses émotions ?
Une consultation auprès d’une orthophoniste a permis d’explorer cette question. Selon le récit de Leïla, le travail a notamment porté sur la reconnaissance des sentiments et sur les moyens de les exprimer.
Les livres et les jeux pour enrichir le vocabulaire émotionnel
À la maison, la famille a poursuivi ce travail à travers des livres et des activités ludiques.
Un outil les a particulièrement accompagnés : La Couleur des émotions, le livre d’Anna Llenas, ainsi que les activités et les jeux associés.
En observant les personnages, les parents pouvaient poser des questions simples à leur enfant :
- Comment se sent ce personnage ?
- Est-il triste, en colère ou heureux ?
- Pourquoi a-t-il peur ?
- Que pourrait-il faire pour se sentir mieux ?
Ces échanges aident l’enfant à associer des mots à des situations et à des ressentis. Ils peuvent aussi lui donner des occasions d’utiliser le vocabulaire émotionnel en français.
L’important est de ne pas chercher à obtenir une réponse parfaite. Il s’agit avant tout d’offrir à l’enfant des occasions d’observer, de comprendre et de mettre des mots sur ce qu’il ressent.
Le rôle essentiel de l’équipe pédagogique
Le témoignage de Leïla souligne également l’importance du dialogue entre les parents et le Kindergarten.
Lorsque les parents observent une difficulté, il peut être utile de comparer les situations : apparaît-elle dans les deux langues ? Se manifeste-t-elle à la maison comme à l’école ? Est-elle liée à un contexte particulier ?
Ces échanges permettent de mieux comprendre les besoins de l’enfant et de réfléchir ensemble aux formes de soutien adaptées.
Il ne faut toutefois pas attribuer automatiquement une difficulté au bilinguisme. Lorsque les inquiétudes persistent, l’avis d’un professionnel qualifié peut aider à mieux cerner la situation.
4. Le Kindergarten : un partenaire précieux pour les familles bilingues
Pour Leïla, la qualité de la collaboration avec l’équipe du Kindergarten a joué un rôle majeur dans l’accompagnement de ses enfants.
Dès le début, elle et son mari ont expliqué leur projet linguistique et demandé aux professionnels de leur faire part de leurs observations, notamment en cas de difficultés de compréhension ou d’expression.
Une anecdote illustre parfaitement l’importance de cette coopération.
Alors qu’Amina participait à une activité en groupe, l’institutrice a proposé aux enfants de réaliser un dessin d’anniversaire pour un camarade. Elle a formulé sa demande en allemand, en utilisant le mot composé Geburtstagsbild.
Les autres enfants ont immédiatement compris et se sont mis au travail. Amina, elle, est restée à l’écart.
L’institutrice aurait pu penser qu’elle ne voulait tout simplement pas participer. Mais elle a pris le temps de reformuler sa demande : elle lui a expliqué qu’il s’agissait de faire un dessin pour l’anniversaire de Félix.
Cette fois, Amina a compris et a voulu participer à son tour.
Derrière une difficulté de comportement, il peut y avoir une difficulté de compréhension
Cette petite scène a beaucoup marqué Leïla. Elle montre combien une incompréhension linguistique peut entraîner de la frustration chez un enfant, surtout lorsqu’il constate que les autres ont compris ce qui est attendu de lui.
Un enfant qui ne participe pas, qui s’énerve ou qui semble perdu n’a pas nécessairement compris la situation de la même manière que ses camarades.
Prendre le temps de reformuler, d’observer et de vérifier la compréhension peut faire toute la différence.
Pour les parents expatriés, entretenir un dialogue régulier avec les enseignants et les éducateurs permet de partager les observations et de mieux accompagner le développement linguistique de l’enfant.
5. Faut-il apprendre à lire et à écrire en français à un enfant bilingue ?
C’est une question que se posent de nombreux parents francophones vivant à l’étranger.
Faut-il organiser des cours de français le week-end ? Proposer des exercices de grammaire ? Encourager la lecture en français dès les premières années de l’école primaire ?
Leïla et son mari ont fait un choix différent : ils ont privilégié l’allemand, la langue de scolarisation de leurs enfants, en laissant la lecture et l’écriture en français se développer plus progressivement.
Leur décision tenait notamment compte de leur quotidien familial, de la distance à parcourir pour rejoindre certains groupes francophones et de leur volonté de ne pas surcharger les enfants.
Leïla raconte que ses deux aînés adorent lire, mais qu’ils trouvent la lecture en français beaucoup plus fatigante que la lecture en allemand. Même s’ils comprennent le français et savent le parler, lire un roman dans cette langue leur demande davantage d’efforts.
La famille n’a donc pas souhaité transformer la lecture en français en obligation.
Parler français ne signifie pas nécessairement savoir le lire avec aisance
L’expérience de cette famille met en lumière une distinction importante : les compétences orales et écrites ne se développent pas nécessairement au même rythme.
Un enfant peut communiquer facilement en français tout en éprouvant des difficultés à lire un texte ou à écrire correctement dans cette langue. À l’inverse, il peut parvenir à déchiffrer certains mots sans avoir encore développé le plaisir de lire en français.
Dans la famille de Leïla, les compétences en allemand se sont particulièrement développées grâce à la scolarité et à la lecture régulière. Sa fille a ensuite commencé à apprendre le français à l’école, ce qui lui a permis de travailler cette langue dans un cadre scolaire.
Comment encourager la lecture en français sans mettre la pression ?
Le témoignage de Leïla donne quelques pistes pour respecter le rythme de chaque enfant :
- Mettre des livres en français à sa disposition, sans lui imposer un nombre de pages à lire.
- Profiter des séjours en France pour découvrir des livres qui lui plaisent.
- Privilégier les histoires, les bandes dessinées et les petits romans adaptés à ses centres d’intérêt.
- Lire ensemble lorsque l’enfant apprécie ces moments.
- Accepter que la lecture en français soit, pendant un temps, moins spontanée qu’en allemand.
L’objectif est de préserver une relation positive avec le français, tout en tenant compte de la charge que représente l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.
Chaque famille doit trouver son propre équilibre, en fonction de l’enfant, de sa scolarité et des ressources disponibles.
6. Accepter les corrections et les erreurs : montrer l’exemple à ses enfants
Comment aider ses enfants à progresser dans une langue sans leur transmettre la peur de faire des erreurs ?
Pour Leïla, une partie de la réponse se trouve dans l’attitude des parents eux-mêmes.
Installée depuis 15 ans en Allemagne, elle explique qu’elle a toujours encouragé ses amis allemands à la corriger lorsqu’elle commettait une erreur ou qu’elle ne s’exprimait pas clairement.
Pour elle, les corrections sont un moyen de progresser, notamment dans son métier d’infirmière, où la communication avec les patients et les collègues est essentielle.
Elle transmet cette attitude à ses enfants : être corrigé ne doit pas être vécu comme une humiliation, mais comme une occasion d’apprendre.
Le bilinguisme est aussi une richesse pour les adultes
Leïla raconte également sa rencontre avec un partenaire linguistique allemand, qui souhaitait améliorer son français. Au fil du temps, cette relation est devenue importante pour toute la famille.
Ses enfants ont ainsi pu observer un adulte germanophone qui apprend le français, pose des questions sur les mots et cherche à s’améliorer.
Cette expérience leur montre que l’apprentissage d’une langue ne s’arrête pas à l’enfance et qu’il est normal de chercher ses mots, de se tromper ou de demander de l’aide.
C’est une façon concrète de leur apprendre à considérer les langues comme des outils de communication et d’ouverture, plutôt que comme des matières dans lesquelles il faudrait être parfait.
7. Grandir avec deux langues : des anecdotes qui en disent long
L’une des joies du bilinguisme familial réside dans les petites situations inattendues qu’il fait naître.
Leïla partage deux anecdotes particulièrement amusantes.
Quand les poils des chevaux deviennent des cheveux
Un jour, son fils lui demande où dorment les chevaux. Elle lui explique qu’ils dorment dans une écurie, puis utilise le mot allemand Pferdestall lorsqu’elle remarque qu’il ne comprend pas.
La conversation se poursuit autour du froid et des poils des chevaux.
Mais son fils connaît déjà un autre sens du mot « poêle » dans l’univers de la maison. Il imagine alors les chevaux avec un appareil de chauffage et demande comment ils font pour allumer le feu !
Cette confusion entre des mots proches à l’oral donne lieu à un échange plein de spontanéité. Elle rappelle que, pour comprendre un mot, un enfant s’appuie sur les connaissances qu’il possède déjà et sur les associations qu’il peut faire.
« Des lapins d’air » à la place des lampadaires
Une autre fois, alors que la famille marche dans un village, Leïla explique à sa fille qu’ils arriveront à la maison après le deuxième lampadaire.
La petite fille s’arrête, regarde dans le ciel et demande où se trouvent les « lapins d’air ».
Elle n’avait tout simplement pas encore intégré le mot « lampadaire » à son vocabulaire.
Ces anecdotes font sourire, mais elles illustrent aussi un aspect essentiel de la transmission linguistique : un mot que les adultes utilisent naturellement n’est pas forcément connu ou compris par l’enfant.
Il faut parfois le reformuler, le montrer, l’expliquer ou le rapprocher d’un mot connu dans l’autre langue.
Leïla a d’ailleurs pris l’habitude de noter ces petites histoires dans un carnet. Une jolie façon de conserver les souvenirs de cette aventure bilingue et de mesurer, au fil du temps, le chemin parcouru par ses enfants.
8. Les conseils de Leïla pour accompagner des enfants bilingues
Au fil de son témoignage, plusieurs idées se dégagent pour les parents qui élèvent leurs enfants entre le français et une autre langue.
1. Définir ses priorités linguistiques. Il peut être utile de réfléchir à la place du français à la maison et à celle de la langue du pays dans la vie quotidienne, sans chercher à tout faire en même temps.
2. Respecter le rythme de son enfant. Après une journée dans une autre langue, un enfant peut avoir besoin de calme avant de raconter ce qu’il a vécu.
3. Accueillir les mélanges de langues. Ils font partie du quotidien de nombreuses familles bilingues. Ils peuvent aussi révéler les mots que l’enfant maîtrise déjà et ceux qu’il reste à découvrir.
4. S’intéresser aux émotions. Les livres, les jeux et les conversations peuvent aider l’enfant à reconnaître ses sentiments et à les exprimer dans ses différentes langues.
5. Travailler en partenariat avec l’école. Les enseignants et les éducateurs peuvent apporter des observations précieuses sur la compréhension, l’expression et le comportement de l’enfant.
6. Ne pas transformer le français en contrainte. La lecture, l’écriture et la grammaire peuvent être introduites progressivement, en tenant compte de la scolarité et de l’envie de l’enfant.
7. Montrer l’exemple. Accepter de faire des erreurs dans une langue étrangère et se laisser corriger aide les enfants à développer une attitude ouverte face à l’apprentissage.
Ces pistes ne constituent pas une méthode universelle. Elles invitent surtout à observer son enfant, à échanger avec son entourage et à adapter son accompagnement à sa réalité.
Conclusion : le bilinguisme, une aventure familiale qui se construit au quotidien
Le témoignage de Leïla nous rappelle que transmettre le français à ses enfants lorsqu’on vit à l’étranger est une aventure faite de choix, de tâtonnements et de découvertes.
Il n’est pas toujours facile de savoir si une difficulté vient de la langue, de la fatigue, des émotions ou simplement du développement de l’enfant. Les parents peuvent parfois se sentir seuls face à ces questions.
L’expérience de cette famille franco-allemande montre l’intérêt de prendre du recul, de rester à l’écoute des enfants et de s’appuyer sur les personnes qui les accompagnent au quotidien.
Elle rappelle aussi que le bilinguisme ne se résume pas à parler deux langues parfaitement. C’est une expérience vivante, faite de mots oubliés, de changements de langue, de découvertes culturelles et de moments parfois drôles, parfois plus difficiles.
Et surtout, chaque famille peut construire son propre chemin, sans être obligée de suivre un modèle unique.
Écoutez l’épisode complet du podcast 1, 2, 3 français
Dans cet épisode, Leïla partage avec Audrey son expérience de maman française expatriée en Allemagne et les choix qu’elle a faits pour accompagner ses trois enfants dans leur parcours bilingue.
Vous élevez vous aussi vos enfants en français à l’étranger ? Vous vous posez des questions sur la transmission de la langue, la lecture ou la place des émotions dans le bilinguisme ?
Écoutez l’épisode, partagez vos expériences en commentaire et rejoignez cette communauté de parents qui avancent ensemble dans l’aventure du bilinguisme.
Parce qu’on se sent parfois seul dans cette expérience, mais qu’entendre d’autres familles raconter leur quotidien peut faire beaucoup de bien.






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